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Dédouanement. Les usagers déplorent l’augmentation des frais d’enlèvement des véhicules et les problèmes d’organisation au bureau de douane. Décidément pas évident pour un véhicule de franchir le premier poste de contrôle qui mène au parc automobile du port de Douala.
L’entrée est bloquée par une file de semi-remorques, de camions et de petites voitures qui arrivent du grand port où ils ont été débarqués, en provenance de l’étranger. 13 heures ont déjà sonné ce jeudi 20 janvier 2011.
Et le rang ne cesse de s’allonger. Certains chauffeurs se garent même sur le côté. Une seule explication à cet embouteillage : le parc automobile est saturé. Une quinzaine de semi-remorques de la société de transit Sdv sont stationnés entre le premier et le second barrage. Ces poids lourds ne peuvent accéder au parc car, l’entrée réservée à cet effet est bondée de voitures. On s’atèle donc à les faire contourner afin qu’ils passent par la sortie. La manœuvre s’avère ardue puisque des véhicules doivent sortir du parc en même temps. Tout se complique lorsqu’arrivent une niveleuse et une pelle chargeuse, deux engins de travaux publics. Pour leur céder le passage, les semi-remorques font marche arrière et se rangent de part et d’autre de la voie.
Barrages
Il est facile pour les piétons de traverser le premier poste de contrôle en soudoyant les agents. Mais plus difficile de passer le deuxième et le troisième barrage. Pas plus de deux usagers pour un véhicule à sortir du parc. Le propriétaire et l’agent de transit, qui ont au préalable montré patte blanche. Toute autre personne est refoulée. « Impossible d’entrer », lance un vigile agacé par l’insistance d’un de ces intermédiaires qui abondent ici. « Je vous assure que ma voiture est déjà là. Je tiens l’information de quelqu’un qui travaille dans le parc. Je peux même vous donner le numéro de châssis afin que vous alliez vous même vérifier », explique le jeune homme qui montre une nouvelle fois le dossier de dédouanement d’une Toyota Carina. Mais le gardien réplique : « Ton véhicule attend encore au grand port car, pour le moment, les petites voitures n’entrent plus au parc qui est saturé. Seuls sont parqués les camions, les 4X4 et les M.100 (connus à Douala comme les cargos qui font le transport en commun, ndlr). »
Cette réponse est donnée à plusieurs autres usagers qui, pour la plupart, souhaitent se rendre au bureau secondaire de douane, basé dans le parc automobile. Après chaque refoulement, s’en suivent les mêmes plaintes. « La dame là (le nouveau chef de douane) est à l’origine de tous les problèmes. Elle ne connaît pas encore le travail. Depuis qu’elle est arrivée, il faut une semaine et plus pour sortir une voiture. Or avec son prédécesseur (affecté à d’autres fonctions), on mettait en moyenne deux jours », fulmine un transitaire.
« Les dossiers s’amoncèlent sur sa table et attendent d’être traités. Pourtant l’ancien chef de bureau déléguait une partie du travail à ses collaborateurs. Il s’occupait uniquement des camions et des M. 100. La nouvelle ne fait pas autant », ajoute un autre. Cet après midi, il y a du monde à l’étage du bâtiment abritant le bureau de douane. Difficile de se frayer un passage devant la porte qui mène bureau de la chef tant honnie. Chacun brandit son dossier de véhicule et veut entrer. Un habitué des lieux assure qu’il y avait plus de désordre la veille. Si bien que des douaniers ont formé une ceinture de sécurité afin que chacun soit servi à son tour.
Emeutes
« Si cette situation perdure, une émeute risque de se produire », prévient un usager. « D’ailleurs lundi dernier, des gars ont voulu enfermer la pauvre femme dans son bureau si leurs dossiers ne sortaient pas. Seuls quelques-uns ont été finalisés. » Certains pensent que le nouveau chef de bureau de douane, en poste depuis moins d’un mois, prend du temps pour s’habituer à son nouvel environnement de travail. Cependant, ils ne lui pardonnent guère l’augmentation des coûts. « Il faut payer plus cher pour tout article contenu dans le véhicule. Le prix du matelas est passé de 11.900 à 20.000 F.Cfa. La cuisinière de 35.000 à 45.000 F.Cfa », fulmine un transitaire.
Assongmo Necdem
