






![]() | Aujourd'hui | 34 |
![]() | Total | 2295034 |
Visiblement extenués, Paul et Chantal Biya ont regagné leur résidence après avoir effectué une interminable visite de stands qui ne finissait pas et ont à l’occasion, esquivé quelques stands où ils étaient fortement attendus.
Entre 11h10 et 15h20, Paul et Chantal Biya ont sillonné tous les coins et recoins des 31 hectares du village du comice agro pastoral d’ébolowa ce mardi 18 janvier 2011.
Le tour des stands a débuté dès son arrivée sur le site de l’évènement, et l’agriculture qui constitue la priorité de l’heure a ouvert le bal de la longue marche poussiéreuse qui s’est achevée par les produits vivriers. Le programme national d’appui à la filière mais, Pnafm, un projet du ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, financé à hauteur de plusieurs milliards de francs CFA par les partenaires au développement, a accueilli le chef de l’Etat et son épouse.
Le Lion de Mvog Beti
Pendant une dizaine de minutes, l’hôte du jour a visité les étangs de spéculation de mais, une espèce de petit jardin où le mais sélectionné a été mis en terre à l’occasion du comice ; avant de s’arrêter dans le stand pour découvrir les diverses variétés de mais produites au Cameroun sous la conduite d’un guide qui expliquait à travers un micro baladeur, les différents mécanismes de production. Après le mais, la filière banane plantain et ses spéculations étaient à l’honneur. À chaque fois, le couple présidentiel, accompagné de ses proches collaborateurs, mais surtout d’une foule immense de spectateurs et de curieux, qui tenaient malgré les rappels à l’ordre des membres de la garde présidentielle, à vivre en direct l’évènement.
Le chef de l’Etat visite tour à tour la filière porcine où quelques groupes d’initiatives communes, Gic, exposent des espèces variées de porcs presque toutes issues de la région du sud. Ils s’arrêtent pratiquement à toutes les escales. La cage où est installée « junior », jeune lion de trois ans en provenance du parc zoologique de Mvog-beti à Yaoundé, attire son attention. Tout comme l’arrêt obligatoire qu’il fait dans le secteur bovin avec une dizaine de bœufs rudement sélectionnés et le chairman du Sdf, Ni john Fru Ndi qui a pris soin de disposer son cheptel bovin constitué d’une demi douzaine de têtes issues de son ranch de Ntarikon.
Les éleveurs de dromadaires originaires de l’Extrême Nord sont là avec trois dromadaires dont la taille donne à voir. Des animaux dont la taille oscille les 3 mètres avec une masse corporelle d’au moins 800 kg. Pour un coût estimé à 1million la tête. Ici, Paul et Chantal Biya sont photographiés devant les dromadaires qui sont entretenus par le Gic Kawtal Sobiral.
Désorienté
Guidé par le protocole, le chef de l’Etat franchi à un peu plus de quinze heures, la barrière d’accueil que les membres de la coalition souveraineté alimentaire au Cameroun, Cosac, ont érigé afin de donner toute la solennité nécessaire à la présence du couple présidentiel en ces lieux. Mais, estimant sans doute qu’il a omis de visiter certains stands qui se trouvaient derrière lui, il décide alors de faire chemin retour. Mais, Paul Biya qui avait pourtant bien commencé la visite des stands sera ainsi désorienté par son protocole et cela va susciter moult mécontentements chez les membres de la coalition (constituée d’une quarantaine d’ONG de la société civile) qui ont été financés à hauteur de 54 millions par ses services à l’occasion de leur participation au comice en raison de leur implication dans la promotion des produits locaux.
Lorsque les informations relayées par les agents de la Dsp font état du départ du président, c’est la déception totale. Chacun y va de son commentaire en criant à la marginalisation. « Pourquoi il nous fait ça. Notre secteur figurait pourtant sur la liste à visiter. Nous étions convaincus qu’après avoir fait le tour global des stands, il devait boucler son périple ici. C’est vraiment décevant qu’il ne soit pas venu dans nos stands », cri de désolation d’une exposante, Tadu Dairy, spécialisée dans les produits laitiers.
C’est le même désarroi chez le porte parole de la coalition, Bernard Njonga, habitué pourtant à faire des déclarations pompeuses et tapageuses à la presse, a préféré garder le silence. Comme pour exprimer son mécontentement. Le spectacle de désolation était aussi perceptible chez les responsables des établissements financiers et des entreprises publiques et parapubliques très nombreuses au village du comice. Certains, à défaut d’être tristes, sont optimistes espérant un autre passage du chef de l’Etat.
Floriane Payo envoyée spéciale à Ngalane
