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Celui qui dirige l’archevêché de Douala depuis le mois de novembre dernier après la mise à la retraite du cardinal Christian Tumi, s’est prêté à quelques questions de notre confrère Rfi. C’était le 26 décembre dernier. Dans cet entretien, Mgr Samuel Kleda dit avoir insisté, au cours de la messe de minuit du 25 décembre 2009, sur « la paix dont le Cameroun a besoin ». Pour le prélat, le nouveau nom de la paix, comme l’avait dit le pape Paul VI, « c’est le développement ». Un message qui selon le journaliste de la radio mondiale « est le prolongement de celui délivré par le pape Benoît XVI quand il était au Cameroun ».
A cela, le remplaçant de Mgr Christian Tumi éclaire : « le 17 mars 2009, le pape Benoît XVI a insisté sur la réconciliation », parce qu’explique-t-il, « les Africains doivent se réconcilier pour construire leurs pays et arriver à donner un autre visage à l’Afrique ». A la question de savoir pourquoi il est allé rendre visite aux détenus de la prison centrale de Douala, il répond : « je suis allé prier avec eux. Et comme vous le savez, les prisonniers en Afrique vivent dans des conditions presque inhumaines ».
Christophe Boisbouvier remâche avec lui les émeutes de février 2008. Mgr Samuel Kleda n’est pas du tout tendre : « c’est quelque chose de terrible pour moi. Je n’ai pas compris pourquoi les autorités peuvent utiliser de tels moyens pour faire revenir la paix quand les gens se révoltent, parce que la violence engendre la violence. Quand quelqu’un a faim, quand quelqu’un n’a pas de maison, quand quelqu’un n’a pas de quoi s’habiller, je crois que c’est une personne qui n’est pas en paix. Donc, il faut d’abord résoudre ces problèmes d’injustice qui minent la société ». A la fin de l’entretien, il laisse entendre qu’il ne peut pas se comparer au cardinal Christian Tumi qui est « une très forte personnalité », faisant savoir que « quand on s’appuie sur le seigneur, on ne peut pas avoir peur ». Il ajoute : « le peu que le seigneur m’a donné, j’essaierais de le mettre au service pastoral ». Aura-t-il la même liberté de parole, il martèle : « si le cardinal Christian Tumi parlait, ce n’est pas dans le but de détruire. Il dénonçait le mal, il dénonçait le mensonge. Et dans ma vie de pasteur, je vois le mensonge. De par ma mission de pasteur, je serai obligé de dénoncer. C’est çà la mission que l’église me confie ».
Synthèse de J.P.B
