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Emplois: Des offres alléchantes mais inexistantes

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foire-aux-metiersLa multiplication des services et agences spécialisés pour l’emploi démontre nettement une augmentation conséquente des cas d’escroquerie qui leur permet d’engranger, par an, des dizaines millions de Fcfa. l’emploi étant devenu précaire au Cameroun, les nombreux individus à la quête de celui-ci ne cessent d’arpenter massivement les multiples agences pour l’emploi, les sites Internet spécialisés et depuis quelques temps, les journaux locaux devenus nombreux dans le domaine. Cette recherche effrénée du travail pour la kyrielle de diplômés sans emploi, représente un allègement du poids excessif de la forte paupérisation qui prévaut au Cameroun depuis la crise économique des années 90.

Toutefois, au-delà des multiples péripéties qui crapahutent ce parcours du combattant vers un éventuel bonheur pour ces derniers, règne depuis peu une escroquerie malicieuse dont les victimes se comptent en millier chaque année sur toute l’étendue du territoire.

Les faits

En effet, en raison de la forte demande par rapport à l’offre, le monde de l’emploi semble devenu une véritable mine d’or pour les nombreux escrocs qui prolifèrent désormais. La multiplication des agences spécialisées pour l’emploi semble loin d’avoir résorbé le mal. Tout au contraire, la prolifération de celles-ci, dans le temps et dans l’espace, démontre nettement une augmentation conséquente des cas d’escroquerie. Avec désormais plus d’une centaine d’entre ces agences exerçant librement sur l’étendue du territoire, on est fortement tenté de s’interroger sur la quintessence et la légalité de leur implantation et du réel rôle de régulation de l’Etat. De nombreuses agences fantômes de ressources humaines situées généralement à proximité des universités utilisent le contexte pour arnaquer habilement les jeunes chercheurs d’emploi par des offres d’emploi alléchantes mais fictives.

Selon Ladang Samuel étudiant à l’université de Douala, la création de ces agences pour l’emploi dépendent «d’un local, d’un ordinateur et d’un photocopieur pour des activités parallèles, de quelques individus assez présentables pour jouer le rôle d’employés. Ces derniers se chargent au préalable d’inventer les offres, de les faire dactylographier et coller dans tous les coins populaires de la ville. Armés d’un peu de patience, les chercheurs d’emploi vont tomber inexorablement dans le coup. ». Généralement, comme s’expriment quelques victimes « Vous lisez l’offre et cela vous intéresse. Lorsque vous vous enquérez de la procédure à suivre pour postuler, il vous explique qu’il faut constituer un dossier. On vous demande également de verser une somme variant entre 3000 Fcfa et 1.000.000 Fcfa pour qu’on achemine votre dossier auprès de la structure qui offre l’emploi.

Le problème c’est qu’il vous montre de la paperasse tellement vraisemblable qu’il est impossible de savoir qu’il s’agit d’une supercherie organisée de toute pièce. Vous payez et il se contente par la suite de vous dire d’attendre car la démarche prendra du temps. Un temps qui s’avère finalement éternel… ».

Parallèlement à celles-ci, figurent de nombreux sites Internet proposant, autant que leur possibilité et leur imagination le permettent, des offres alléchantes inexistantes soient pour escroquer de l’argent, soient pour gonfler le site et s’attirer grâce au grand nombre d’internautes, d’importants sponsors à la recherche de support médiatique de notoriété. Une attitude espiègle qui n’exclu aucune agence et aucun support. Car tout autant qu’Internet, la presse semble elle aussi avoir pris d’assaut ce secteur notamment à travers la recrudescence en moins de deux ans, de journaux spécialisés dans la publication des offres d’emploi. Des revues dont la quintessence laisse planer de nombreuses irrégularités sur la véracité des annonces régulièrement rapportées. « On ne sait plus qui est qui et qui fait quoi. Cela est également valable pour les agences et services étatiques spécialisés pour l’emploi. Quand il ne s’agit pas d’annonces fausses d’arnaqueurs qui vous soutirent des sous, ce sont des traitements de faveurs et familiaux qui sont mis en place par les différents responsables » explique une étudiante. En effet, cette dernière s’appuie sur son expérience au FNE en expliquant « ma copine et moi avions le même niveau académique. Comment expliquer que son dossier ait abouti, pourtant elle n’a aucune expérience professionnelle et que moi mon dossier n’ait pas abouti ? C’est plus tard que j’ai compris que le chef d’agence est un de ses oncles du village. Par souci de tribalisme, quand l’annonce n’était pas sérieuse, prévenue à l’avance elle ne s’y rendait pas or moi, incrédule, je m’y rendais et me faisait régulièrement dépouiller de 1000Fcfa à 3000 Fcfa. Cette fois, lorsque l’annonce était sérieuse, il l’a favorisé ».

Justificatifs

Face à toutes les plaintes qui émanent, les quelques agences rencontrées, se refusent de tout commentaire officiel. Pour ceux dont la langue se délie à l’instar de quelques agents du FNE, le problème est ailleurs. C’est à l’Etat de régir le secteur en prévoyant des mesures coercitives sévères pour les contrevenants et les escrocs. Selon d’autres responsables d’agence pour l’emploi, sans exclure la possibilité de se tromper dans les intentions d’une offre mise à la disposition du public, certains justifient cela en expliquant n’être qu’un relais de transmission entre les entreprises et les demandeurs d’emploi. Une tentative de justification que réfutent fortement certains observateurs. En effet, les missions d’une agence de ressource humaine argumentent-ils, ne se limite pas à la publication machinale des offres. Elle devrait au préalable effectuer une enquête préliminaire en exigeant au moins une copie du registre de commerce de ladite entreprise. Cette étape permettra automatiquement de filtrer les offres véreuses. Selon un officier de police judiciaire en charge à Douala, c’est parce que la plupart d’entre elles sont trempées dans ces histoires d’offres fictives qu’elles ne peuvent guère exiger de garantie.

Ces cas remettent fatalement sur la table, le débat sur l’arbitrage des administrations en charge sur la question. A la délégation régionale, le silence reste de mise face au problème. On affirme passivement être au courant de cette situation et y remédier dans les mois à venir. Une réponse que beaucoup de jeunes mécontents estiment être purement sans objet en raison de l’abondance de promesse sans réalisations.

Paul Tonye Njel

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