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Dans la foulée, une douzaine de boutiques ont été scellées. Que reproche-t-on à ces vendeurs? Un inspecteur de police qui a requis anonymat explique : «Nous faisons fréquemment des inspections sur ce site pour surveiller les entrées et les sorties. Dès qu’on flaire un danger, on vérifie l’intérieur des magasins et boutiques. C’est comme ça que nous tombons sur ces objets dangereux que nous saisissons pour savoir d’où ils viennent. Il ne faut pas ignorer que la loi punit le receleur au même titre que le voleur. Qui peut brandir une facture après avoir acheté un article à la Casse? Nous sauvons des vies grâce à ce que nous faisons. Imaginez que la Casse devienne le marché des armes et des munitions, que deviendrait Douala ? Si ça ne dépendait que de moi, on raserait ce marché qui n’est rien d’autre qu’un repaire de malfrats.»
Propos que ne partage par Nestor Makan, un des vendeurs. «Ce ne sont pas seulement les choses volées qui se retrouvent ici. Ce sont des techniciens et des cadres de sociétés qui viennent nous les proposer. Nous ne sommes que d’honnêtes facilitateurs. Ce ne sont pas les fusils de chasse et quelques munitions retrouvées ici qui font de nous des truands. Nous sommes des commerçants et non des mercenaires qui cherchent à déstabiliser la ville».
Récidive
Cette descente du GMI sur le terrain n’est que la suite d’une longue série. «Chaque année au mois de décembre, le GMI vient ici. L’an dernier, ils sont venus ici le 19 décembre pour nous arrêter et nous relâcher le 1er janvier. On nous interrogeait sur l’origine de ces marchandises. Comme ils ont compris que nous étions innocents, ils nous ont laissés. Ceux qu’on vient de prendre ont toutes les chances de passer les fêtes en prison. On parle de détention administrative. Donc la police n’a de compte à rendre à personne sauf au préfet. Ce sont les mêmes boutiques qui ont été scellées l’an dernier. Tout cela à cause de leurs informateurs qui nous épient».
A la police judiciaire où nous nous sommes rendus, aucune information n’a filtré sur le sort réservés à ces vendeurs aux arrêts, ni sur les objets saisis. Pour l’instant deux Gardiens de la paix montent la garde, jour et nuit à l’entrée des boutiques scellées. «C’est pour qu’ils ne viennent pas retirer leurs choses. On les connaît. Ce ne sont pas des enfants de cœur. Ils sont prêts et préparés à tout surtout pendant cette période de fêtes».
