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Cette absence de plainte estime l’avocat, ne laisse pas la latitude au ministère public d’engager la procédure. Il évoque des dispositions du Code pénal et la loi de 1990 sur la Communication sociale notamment en son article 78 pour demander au tribunal de déclarer cette poursuite judiciaire contre son client nulle.
Une exception rejetée par le tribunal après avoir écouté le ministère public. Pour qui « on n’avait pas besoin de la plainte préalable » pour engager l’action judiciaire. Des jurisprudences existent en la matière, précise la défense. Rien n’y fait, on rentre dans les débats. Question de Me Nouga à son client : « Dans quel état d’esprit avez-vous ordonné la publication du dossier ? » « Dans le souci d’informer le peuple camerounais sur son histoire », répond le prévenu qui décrit alors sa méthode de travail et ses sources d’information. A-t-il un seul moment craint d’être poursuivi ? A aucun moment répond le Dp qui affirme s’être laissé guider par « notre instinct de journaliste simplement ». Appelez à justifier le respect de la déontologie qui recommande l’équilibre dans toute publication, le prévenu s’est dit surpris par l’action du ministère public qui se « focalise sur un document d’une demi page sur huit pages consacrées au dossier ». D’ailleurs précise-t-il, l’interview de deux pages accordées à Germaine Ahidjo montre son penchant car l’interviewée dément les propos du document querellé. Il s’agit d’extraits de l’ouvrage Sang pour Sang du Camerounais Eballe publié dans le cadre dudit dossier.
Les débats sont clos
La cross examination permet au prévenu de préciser davantage sa pensée. Il est victime estime-t-il d’un produit impropre que l’Etat n’a pas pu interdire. « Depuis 2001 -date de parution de l’ouvrage- on me laisse consommer un produit impropre », dénonce-t-il en même temps que ses conditions inhumaines de détention. Plus tard, le ministère public va requérir du tribunal qu’il déclare le prévenu coupable des faits d’outrage au chef de l’Etat qui lui sont reprochés. Délits prévus et réprimés par les articles 74, 152, 153 du Code de procédure pénal. Les mêmes dispositions sont invoquées par la défense pour demander sa libération. Elle plaide le respect de la déontologie pour observer que le prévenu s’est entouré de toutes les précautions recommandées dans ces cas.
« Il n’y a outrage que lorsqu’il y a diffamation, injures, menaces… Le prévenu a clairement indiqué que c’était l’opinion d’une tierce personne ». La défense soutient que le délit d’outrage qui lui est reproché « est désormais obsolète parce que contraire aux normes internationales protectrice de la liberté d’expression ». Et de plaider pour que « l’outrage au chef de l’Etat cesse d’être un boulevard de la répression », dont les conséquences sont le chômage, l’emprisonnement, la stigmatisation de l’Etat à l’extérieur, etc. Jean Bosco Talla sera-t-il condamné pour avoir informé ? Telle est la question qui taraude les esprits au sortir de cette audience au cours de laquelle les débats ont été clos. L’affaire a été mise en délibérée pour le 28 décembre 2009.
