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Message du chef de l’Etat à la nation : Ces ministères vivement interpellés par Paul Biya

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clobert-tchatatLa sclérose et l’inertie dont parlait déjà le chef de l’Etat en 2006 se manifestent aujourd’hui dans le discours officiel sous un nouveau concept : la passivité des responsables. « … Le Cameroun produit ce qu’il ne consomme pas et consomme ce qu’il ne produit pas.»

 

L’extraversion de l’économie nationale Camerounaise et dont l’agriculture se pose comme une illustration éloquente en d’épit d’un potentiel unanimement reconnu, a défrayé la chronique ces derniers temps.

L’impulsion imprimer du haut trouve t’elle au niveau des relais inferieurs les mesures à même d’inverser cette tendance paradoxale ? On peut en douter. Le message du Chef de l’Etat à la nation en date du 31 décembre 2010 en porte quelques faits majeurs. Des observateurs ont même cru décelé dans les propos du Chef de l’Etat en la matière quelques pointes de résignation, d’exaspération : « …je me suis souvent exprimer sur ce sujet en préconisant l’augmentation de la production agricole qui nous dispenserait d’importer des quantités considérables de denrées que nous pourrions produire nous mêmes…»

Le moins que l’on puisse dire en tout cas est que cela ne se pose  pas du tout comme un compliment à l’endroit de ceux qui ont en charge ces secteurs. Pis, dans la marche nationale vers l’émergence dans un cadre balisé par la mise en œuvre de la stratégie décennale pour la croissance et l’emploi, cela n’est autre chose qu’un grain de sable dans les rouages de la mécanique générale.

 

Préoccupations

Le secteur agricole n’aura pas été la seule défaillance que le message présidentielle a ainsi imputée à une certaine passivité de quelques responsables. La sémantique qui en d’autres circonstances s’appelait inertie ou sclérose s’est nuée en un nouveau concept : la passivité. Cela ne souffre d’aucune contestation qu’on l’impute à des calculs inavoués ou tout simplement à une exigence de renforcement des capacités des concernés, une sérieuse interrogation plane de bas en haut sur la collaboration entre les différents échelons de la hiérarchie administrative nationale. Au point où Paul Biya s’est résolu à s’impliquer dans la gestion de certaines dossiers personnellement. A titre d’illustration : « quant à l’énergie, je suis déterminé à faire sortir de l’ornière plusieurs dossiers qui stagnent depuis trop longtemps. J’aimerais par ailleurs être sur que nos grands projets font l’objet d’un suivi suffisamment volontariste. Je vous ai dit ma détermination à faire bouger les choses. »

Il est vrai que dans ce domaine, Paul Biya est resté  égal à lui-même dans la logique de l’importante allocution qu’il a prononcée du haut de la tribune des Nations Unies le 21 septembre 2010 à New York. Il s’est évertué à reconnaitre que « les ressources énergétiques ont un effet multiplicateur sur la l’attente des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) relatifs à la réduction de la pauvreté, à l’éducation, à la santé, au genre et à l’environnement. Il a souligné par ailleurs que « l’emploi est plus que jamais un facteur déterminant d’allègement de la pauvreté, de dignité personnelle, de bien être collectif, de croissance économique durable et indéniablement de stabilité politique de nos Etats ». Le Cameroun s’inscrit en droite ligne dans le premier champ d’application de ces préoccupations. Même si à l’occasion de son discours à la nation, Paul Biya a tenu à mettre les points sur les i : « il est clair-je le répète- qu’aussi longtemps que notre activité économique n’aura pas retrouvé un niveau normal, nous aurons du mal à faire reculer le chômage »

 

L’indispensable transformation

Cela reste dans le domaine du possible. Pour peu qu’on veuille mettre le cœur à l’ouvrage en assurent « l’augmentation de la production et de la consommation nationales » et ce en « stimulant les cultures vivrières, objets des difficultés de communication, en encourageant les cultures de rente qui vivote depuis vingt ans alors que les cours sont redevenus rentables ». S’inscrit également dans le même registre, la redynamisation de l’agriculture industrielle, le développement des industries de transformation, génératrices de valeur ajoutée,  dans les secteurs du bois, de certains produits d’origine agricole de la petite métallurgie …»

Pour compléter le tableau, le Chef de l’Etat n’a pas manqué de souligner à grands traits les domaines spécifiques sur les quelles devront porter les actions futures de son gouvernement en 2011. Il s’agit de l’insécurité toujours persistante et face à laquelle de nouveaux moyens en hommes et en matériels sont promis. Il est aussi question d’une lutte sans merci contre la spéculation en tout genre qui sera désormais confrontée à des contrôles renforcés. Rentre également dans la même préoccupation, l’insécurité routière qui fait chaque année de nombreuses victimes et qui doit désormais faire l’objet d’une répression plus soutenue.

A côté des conditions de vie des populations Camerounaises, l’autre préoccupation du Chef de l’Etat Camerounais porte sur l’état de la voirie dans nos villes appelé à faire l’objet, là où elle plus dégradée, d’une remise à niveau. Nous ne croyons pas pouvoir nous tromper en affirmant que cette citation du Chef de l’Etat se pose à autant d’interpellations des différentes administrations concernées.

Tous ces paramètres, l’un mis dans l’autre et placés dans contexte ou l’horizon de l’économie mondiale semble se libérer des effets de la crise économique, fondent l’optimisme de Paul Biya qui envisage le futur avec sérénité. « Je voudrais vous faire part de ma détermination à reprendre notre marche en avant ». Pourvu que, serait on tenté de dire, les Camerounais se résolvent à ne plus s’adonner à leurs jeux favoris de tripatouillages multiformes, de fraudes et de détournement en tout genre. Pourvu que la directrice de l’école primaire publique, ne s’emploie pas, par des artifices incroyables, à rançonner le pauvre parent soucieux d’inscrire son rejeton dans ce cycle officiellement décrété gratuit. Pourvu enfin que dans nos hôpitaux cessent ces trafics en tout genre auxquelles se livrent indifféremment médecins, infirmiers, garde malades et autres acteurs obscurs.

On l’aura compris. Il s’agit là de quelques effets superficiels de la corruption qui a gangréné tous les secteurs de l’activité nationale. Le Chef de l’Etat semble particulièrement lui en vouloir. « La corruption toujours elle, sans cesse renaissante et qui s’est étendue semble t’il aux marchés publics. Nous continuerons à la traquer sans pitié.» Il s’en trouve au sein de l’opinion qui croit dur comme fer, que la gravité de la situation méritait en  réalité mieux qu’une simple traque.

 

Arthur G. Bakande

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