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La publication de la date officielle du rendez-vous du monde pastoral a regonflé les exposants et encadreurs de producteurs retenus pour cette grande messe. 23 années ont-elles suffi pour ne pas organiser un comice au rabais à Ebolowa ?
Les supputations ont repris de plus belle dans l’Adamaoua agro-pastorale, en ébullition après l’annonce lundi soir sur les antennes du média gouvernemental de la tenue du 17 au 22 janvier du comice national agropastoral. Les représentants de cette région n’ont plus qu’une dizaine de jours pour se préparer et rallier la capitale régionale du Sud.
Entre quelques récriminations de moindre importance, quelques producteurs sélectionnés, rencontrés mardi dernier dans les couloirs de la délégation régionale de l’Agriculture et du Développement Rural, et celle de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales de l’Adamaoua, ont laissé croire que la mesure est saluée par tout le monde rural et que la ferveur a regagné les rangs des exposants et des encadreurs. « On était déjà impatient », a lâché un agriculteur comme pour dire que le temps de réclamation des réparations pour certains produits perdus ou péris à cause du report, a pour l’instant cédé le pas à la joie de représenter sa région à ces joutes agricoles. Le délégué départemental du Minader du Faro et Déo, Nanfang Paul, quant à lui a entamé sa tournée galvanisatrice des exposants afin que de meilleurs spécimens soient trouvés en remplacement de ceux qui se sont avariés à Ebolowa.
Mobilisation
Si ça jubile un peu parmi les agriculteurs, chez les éleveurs cependant on reste encore nuancé. L’Etat aux dires n’a pas supporté les coûts induits par ce report du comice. « Il faut dire la vérité, l’engouement est quand même cassé, nous allons nous débrouiller pour que l’Adamaoua soit présente à Ebolowa mais je ne cache pas que j’ai eu une déception, une déception parce qu’on était prêt à la première date, les gens se sont mobilisés avant que ne survienne le report. Cela a saboté le moral… » Parole de El Hadj Bobo Bakari, président de la fédération des éleveurs de l’Adamaoua. Celui que les autres pasteurs appellent affectueusement « Baba rai » a ajouté qu’au sortir de la dernière réunion qui a regroupé les autorités en charge et les exposants, aucun problème logistique et de transport n’avait été décelé.
C’est dans cette espèce de sérénité retrouvée que nous a accueilli la délégation régionale de l’agriculture. A la place de Souleymanou Abba, patron des lieux a-t-on dit au four et au moulin depuis lors, c’est le sous-délégué chargé des services d’appui technique, de retour d’Ebolowa qui s’est donné la peine de s’exprimer sur l’impact du décret présidentiel organisant le comice à partir du 17 janvier et les dispositions adoptées pendant le report. « La région est depuis longtemps fin prête pour le comice et nos produits sont déjà à Ebolowa. A ce titre, il n’y a pas de feu dans la maison parce que nous n’attendions que la date », a dit Pierre Roger Nouleho Fongang.
Sur le second volet de l’interpellation, la délégation régionale aurait demandé, pendant le report, de vendre les denrées périssables. Les produits de cette vente devant être remis aux producteurs. Quant aux produits secs, un magasin aurait été réquisitionné sur place pour conserver sacs de maïs, de riz, tubercules ... L’Adamaoua connue pour être le grenier de l’Afrique centrale va compétir à chances égales avec les 9 régions du Cameroun. Toutefois, l’igname est la meilleure chance de prix que le bœuf dont la concurrence de certaines régions dans le domaine de l’élevage s’est accrue avec les années . L’Adamaoua est pourtant le berceau du « Goudali », une espèce bovine très appréciée pour sa chair.
A la délégation régionale du Minépia, les autorités affirment qu’il n’a pas été facile d’entretenir les animaux pendant le report. Les éleveurs ont souvent puisé sur leur disponibilité personnelle pour s’en sortir. Qu’à cela ne tienne, une réserve de plus de 20 tonnes de foins serait déjà à Ebolowa pour l’alimentation bovine. Selon Mohamadou Djobdi, chef de service régional des productions animales, 25 des 100 ambassadeurs du château d’eau sont des éleveurs et vont spéculer outre sur les produits bovins mais également sur d’autres domaines aussi divers que la pisciculture et l’apiculture.
Au finish, des moyens seraient enfin réunis pour que la délégation de l’Adamaoua soit à Ebolowa au plus tard le 15 janvier. Une certaine source informe d’ailleurs qu’une dizaine de producteurs et d’encadreurs de la région pourraient se voir épingler des décorations par le chef de l’Etat. Chapeau aux récipiendaires mais cela n’enlèverait en rien le fait qu’il ait fallu du temps, 23 ans, pour que le comice sans hôtel du comice, se tienne. Pour un comice électoral, il va falloir faire mieux qu’annoncer l’ouverture d’une université à Ebolowa.
Eric Nguélé
