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Le paiement via téléphone mobile connaît un fort engouement en Afrique

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phonafrikLe porte-​mon­naie mo­bile est pro­mis à un bel ave­nir en Afrique. Une au­baine pour les opé­ra­teurs, qui en pro­fitent pour fi­dé­li­ser leurs abon­nés et gé­né­rer des pro­fits. En Afrique sub­sa­ha­rienne, moins de 10 % de la po­pu­la­tion est ban­ca­ri­sée, quand plus de 40 % pos­sède un té­lé­phone.

 

Les porte-​mon­naies mo­biles se­raient donc des­ti­nés à trou­ver leur pu­blic, car ils ré­pondent à un vé­ri­table be­soin, no­tam­ment en ma­tière de trans­fert d’ar­gent des villes vers les cam­pagnes grâce à un simple SMS. Les per­dants sont les éta­blis­se­ments fi­nan­ciers.

Les paye­ments par por­table se sont d’ors et déjà dé­mo­cra­ti­sés

De­puis deux ans, pas un mois ne se passe sans l’an­nonce d’un nou­veau lan­ce­ment, qu’il s’agisse de MTN, de Vo­da­com, de Bhar­ti, de Tigo ou de Maroc Té­lé­com. Les atouts ma­jeurs des opé­ra­teurs té­lé­pho­niques : des for­ma­li­tés sim­pli­fiées pour créer un compte et des ré­seaux de points de vente très denses, y com­pris hors des grandes villes. Car si l’envoi de l’ar­gent est dé­ma­té­ria­li­sé, les dé­pôts et les re­traits des mon­tants trans­fé­rés se font dans des bou­tiques agréées.

Ainsi rien qu’au Kenya, Sa­fa­ri­com compte près de 20.​000 re­lais. En ma­tière de trans­fert d’ar­gent ou de paie­ment des fac­tures via té­lé­phone mo­bile, Sa­fa­ri­com est la plus belle suc­cess story afri­caine de ses der­nières an­nées. En trois ans, l’offre de l’opé­ra­teur ké­nyan, a conquis plus de 10 mil­lions d’uti­li­sa­teurs et servi à trans­fé­rer près de 5 mil­liards d’euros. Rien qu’en 2009, le ser­vice a en­re­gis­tré 670 mil­lions de tran­sac­tions et a re­pré­sen­té 9 % des re­ve­nus de Sa­fa­ri­com, fi­liale du bri­tan­nique Vo­da­fone.

Des chiffres qui donnent le tour­nis à la concur­rence. Sou­mis à une com­pé­ti­tion ter­rible sur le prix des ser­vices de base (voix et SMS), les opé­ra­teurs du conti­nent voient dans les porte-​mon­naie mo­biles une op­por­tu­ni­té de fi­dé­li­ser leurs abon­nés et d’en­rayer la baisse de leur ren­ta­bi­li­té.

Un sec­teur en pleine crois­sance

Ces ser­vices re­pré­sentent un re­lais de crois­sance im­por­tant pour les an­nées à venir. Cer­taines com­pa­gnies en­vi­sa­geant même la pos­si­bi­li­té d’ac­cor­der de pe­tits cré­dits à leurs uti­li­sa­teurs, sans l’appui de par­te­naires fi­nan­ciers.

Une me­nace prise très au sé­rieux par le sec­teur ban­quier, car beau­coup sont sou­cieux de voir un mar­ché consi­dé­rable, com­po­sé no­tam­ment de consom­ma­teurs non ban­ca­ri­sés mais éco­no­mi­que­ment va­lo­ri­sables, leur pas­ser sous le nez. Dans les pays fran­co­phones, les or­ga­nismes fi­nan­ciers craignent que le ré­gu­la­teur ac­corde des agré­ments ban­caires don­nant la li­ber­té aux opé­ra­teurs d’agir seuls.

Face à l’of­fen­sive des té­lé­coms, le sec­teur s’or­ga­nise pour dé­fendre ses in­té­rêts. Ainsi le 16 dé­cembre à Dakar le Grou­pe­ment in­ter­ban­caire mo­né­tique de l’Union éco­no­mique et mo­né­taire ouest-​afri­caine or­ga­ni­sait une ses­sion de tra­vail afin que ses membres – une cen­taine de banques – ar­rêtent une po­si­tion com­mune.

La ri­poste des or­ga­nismes fi­nan­ciers

En ré­ac­tion aux pro­jets des opé­ra­teurs, cer­taines banques ont dé­ci­dé de dé­ployer leur propre so­lu­tion. C’est no­tam­ment le cas de la So­cié­té gé­né­rale avec Yoban’tel, au Sé­né­gal.

En at­ten­dant, la prise de pou­voir des opé­ra­teurs sur les ser­vices fi­nan­ciers par té­lé­phone de­meure une me­nace re­la­tive, car la plu­part des com­pa­gnies de té­lé­coms pré­fèrent tra­vailler en par­te­na­riat avec les banques.

C’est le cas d’Orange (BNP Pa­ri­bas), de Maroc Té­lé­com (At­ti­ja­ri­wa­fa Bank), de MTN (Eco­bank et la So­cié­té gé­né­rale de banques en Côte d’Ivoire). Mais cer­tains groupes de té­lé­pho­nie ont trou­vé la pa­rade aux obli­ga­tions im­po­sées par les ré­gu­la­teurs, en de­ve­nant ac­tion­naires d’ins­ti­tu­tions fi­nan­cières.

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