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Lors de son traditionnel message de fin d’année, le président de la République a fait de fortes annonces ; tout en reconnaissant des échecs. Son 28ème message de fin d’année à l’endroit de son peuple était très attendu.
Très attendu à cause des prochaines échéances politiques, de la situation socio-économique en net recul par rapport aux objectifs du millénaire pour le développement et surtout trois semaines après sa poignée de main historique avec le chef de l’opposition camerounaise Ni John Fru Ndi, le 10 décembre 2010 à Bamenda, en marge des festivités marquant le cinquantenaire des forces de défense.
L’on se souvient qu’au cours de ce tête à tête, la première vingt ans après la réinstauration du pluralisme politique au Cameroun, le leader du Sdf avait remis à Paul Biya un mémo qui contenait un ensemble de revendications avec en ligne de mire le cas Elecam ; l’organe mis en place par le pouvoir pour organiser les prochaines élections présidentielles au Cameroun.
Année électorale
Que faut-il concrètement retenir de ce message de fin d’année du président de la République ? Face à des demandes très fortes qui lui parviennent au quotidien de tous les secteurs de l’activité nationale, le président de la République a-t-il favorablement satisfait aux nombreuses attentes et questions de ses compatriotes ? Sur le plan socio-économique, il a reconnu qu’en dépit de quelques réalisations faites tout au long de l’année qui vient de s’achever, beaucoup restait encore à faire pour améliorer les conditions de vie des Camerounais. 200 milliards de Fcfa de l’emprunt obligataire sont déjà disponibles pour financer des projets de développement : routes et barrages.
Paul Biya a dit dans son discours que 2011 sera l’année des élections et particulièrement l’élection présidentielle. Y aura-t-il d’autres élections au cours de cette année ? Les Sénatoriales par exemple qui sont attendues depuis 14 ans.
A cet effet, pour que ces élections soient crédibles, il a demandé aux Camerounais de s’inscrire massivement sur les listes électorales ; un acte citoyen et responsable. La date de ces consultations n’a pas été communiquée ; comme pour dire qu’il reste et demeure le seul maître du jeu politique au Cameroun. Après avoir renouvelé sa confiance à Elecam, il a dit que cet organe sera renforcé afin qu’il accomplisse bien ses missions. En dehors d’un soutien logistique et technique, l’on ose croire que les partis politiques qui émettent des réserves sur la l’objectivité de cette institution seront nommés comme membres de son directoire pour que Elecam cesse d’être considérer comme une branche parallèle du Rdpc, le parti au pouvoir.
Promesses
Paul Biya a aussi parlé du social et plus particulièrement de deux secteurs où la misère et la pauvreté se font le plus ressentir. Il s’agit de l’emploi et la santé. Promesse du chef de l’Etat pour remédier à cette situation, le vaste mouvement de recrutement dans la fonction publique lancé depuis 2008 va se poursuivre avec d’autres recrues pour renforcer les effectifs dans les domaines sécuritaires, éducatifs et sanitaires. Il est question ici de tordre le coup à un chômage généralisé dont les chiffres non maîtrisés par les tenants du pouvoir donnent des frissons. Le nombre croissant des sans emplois contraint ainsi l’Etat à procéder à des réajustements dans l’optique d’embellir un indice de développement humain en net déphasage avec les potentialités réelles du pays.
L’autre annonce forte qu’il a faite est la gratuité du traitement du paludisme pour les enfants âgés de moins de 5 ans. Les parents ne débourseront plus rien pour soigner une maladie qui tue des milliers d’adolescents chaque année. On sait généralement qu’au Cameroun, le passage des discours à l’acte est souvent ponctué de nombreux désagréments. L’exemple de la gratuité de l’école primaire décidée par le chef de l’Etat n’est pas une réalité sur le terrain de son application. Il est à craindre que la gratuité du traitement du paludisme ne subisse le même sort. Il revient au ministre de la Santé Publique de prendre des dispositions pour décourager les adeptes du statu quo. L’insécurité avec le phénomène du grand banditisme, la spéculation, la corruption dans la gestion des marchés publics, l’insécurité routière et l’état de la voirie dans nos grandes villes, des dérives qui affectent le quotidien des populations, vont être combattus avec la dernière énergie. C’est la feuille prescrit aux membres du gouvernement pour 2011. Le bilan est attendu en décembre 2011.
Daniel Atangana
