Marché central : Les sinistrés refusent de parler



Face à l’ampleur de l’incendie qui a ravagé une bonne partie de l’un des plus grands marchés de l’Afrique centrale les commercants préfèrent le silence. Une forte de ceinture de sécurité (gendarmes génie militaire) mise en place après l’incendie par les autorités de la région du Littoral, était en place lorsque nous arrivions sur les lieux hier, aux environs de 9h30.
Toutes les entrées débouchant au marché central sont restées bouclées. Dans une foule bigarrée, les commentaires vont bon train. Les uns noient leurs soucis dans des bouteilles de bière, pendant les autres méditent sur ce que sera le lendemain. Seul le marché de la gare est ouvert pour permettre aux ménagères de se ravitailler. Dans la partie du marché consumée par les flammes, les éléments du corps national des sapeurs pompiers continuent à éteindre le feu à l’intérieur des boutiques. On apprendra que quelques coffres forts contenant de l’argent ont été sauvés par les sapeurs. Julienne, et Moïse N., ont été victimes d’un incendie qui a réduit en cendre une bonne partie du marché central de Douala le mardi, 15 décembre 2009. Un jour après cet incendie criminel, les deux sinistrés refusent de parler à la presse parce que ne trouvant pas d’urgence pour l’instant d’agir au regard des pertes colossales enregistrées. Ces deux exemples ne sont pas des cas isolés puisque sur une vingtaine des commerçants dont les boutiques sont touchées par les flammes, personne n’ose faire des déclarations. Seuls les badauds qui ont vécu la macabre scène, trouvent toujours à dire sur ce qui est arrivé mardi dans l’après midi. Premières mesures de sécurité La décision de procéder au nettoyage des abords des différents halls du marché central par le délégué du gouvernement un jour avant l’incendie, était déjà un début du processus de désengorgement des voies d’entrées dans le marché. Ce qui aurait sans doute permis l’accès facile aux secouristes en cas de catastrophe notamment le monumental incendie que le marché vient de connaître. Pendant toute la journée d’hier, les forces de l’ordre ont continué à sécuriser les lieux pendant que les sapeurs pompiers s’affairaient à éteindre le feu. On note cependant que quelques gardiens retenus par la police nettoyaient les couloirs et d’autres qui voulaient assister à l’action des sapeurs ont été stoppés par les hommes en tenue conformément aux instructions du préfet du Wouri, Bernard Okalia Bilaï, a-t-on appris. Les agents d’Hysacam n’ont pas connu de repos pendant toute la journée, ils ont mis de l’ordre dans tout le marché. « Ma petite sœur a perdu cinq machines à coudre estimées à plus de 15 millions. Un jour après l’incendie, elle a acheté les marchandises pour 500 000 et à crédit. Nous sommes dépassés », raconte Jean T. en larmes. Les dégâts sont pour l’instant inestimables. Selon certaines langues, l’incendie pourrait être d’origine criminelle.