Cameroun : Undp, on n’est pas prêt d’oublier 2004



Même l’organisation début janvier 2007 à Bertoua, capitale de la région de l’Est, du congrès de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès de Bello Bouba Maigari n’a pas suffi à faire oublier la position ambiguë du président de l’Undp lors de l’élection présidentielle de 2004.
M . Bello Bouba Maïgari avait choisi de ne pas se présenter au profit de M. Paul Biya. Cette posture a fini par tuer l’enthousiasme des militants et leur engagement. « Nous avions déjà mobilisé la base pour avoir des résultats honorables sans prétendre gagner la partie.
Et pendant ce temps, notre leader ne nous avait jamais donné sa position malgré nos multiples pressions et appels à se présenter » raconte un militant dépité. Le fait que cette annonce ressemble à une situation de fait accompli et se déroule à quelques heures du début de la campagne avait démobilisé les troupes au point où la consigne de faire campagne aux côtés du Rdpc n’avait été que très peu ou pas du tout respectée. Et le jour du scrutin, des militants s’étaient constitué représentants de leur parti et allaient jusqu’à constaté « des irrégularités du Rdpc ».
Cette situation traduisait le manque de coordination entre le sommet et la base du parti qui avait pourtant cristallisé l’espoir des populations de l’Est qui lui avaient donné 04 députés sur 11 en 1992 avec la Boumba-et -Ngoko carrément entre les mains du parti de M. Bello Bouba Maïgari. « N’eût-été les dénonciations calomnieuses au sujet de M. Ngandamé Sissimba Magloire et les pressions exercées sur les populations à qui on brandissait le spectre de leur abandon par le pouvoir si elles faisaient confiance à notre parti, nous aurions pu remporter un siège de député et de maire dans le Haut-Nyong » signale un responsable local qui regrette ces « années dorées ». Même le congrès national du parti organisé à Bertoua en 2005 n’a pas effacé cette frustration et bien d’autres reprises lors de la campagne électorale pour les législatives et municipales de 2007. Devant M. Bello Bouba, un des candidats avaient fustigé « l’option de 2004, les élans tribalistes, l’embrigadement du parti par une élite bourgeoise et l’investiture des candidats sans tenir compte des choix des militants ».
Conséquence, même le soutien du président national aux candidats de l’Est n’avait pas donné les résultats escomptés et l’Undp se retrouve une fois de plus sans député ni maire à l’Est. Aujourd’hui encore, ce parti politique a du mal à recoller les morceaux et la récente tournée de redynamisation de la présidente des femmes l’a prouvé, elle qui s’est retrouvée en face d’une dizaine de militants seulement à l’étape de Bertoua même si pour se consoler, l’équipe qui l’accompagnait, « la mobilisation était plus forte dans les autres villes de la région ». Le moins que l’on puisse dire est que l’Undp a perdu ses repères à l’Est. Et dans la situation actuelle, on voit mal M. Bello Bouba tenter, ne serait-ce que par sursaut d’orgueil, de se présenter à la présidentielle de l’année prochaine.
Bernard Bangda, Ai Bertoua