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Janvier : la mauvaise CAN des Lions
Le premier mois de l'année qui s'achève aura connu une mauvaise entame auprès des camerounais qui n'oublieront particulièrement pas la piètre prestation de leur équipe nationale de Football en Coupe d'Afrique des Nations. Sur la terre angolaise, les Lions indomptables se seront plus fait remarquer hors des stades que sur le terrain.
En effet, pourtant très attendus sur la scène continentale de part leur dernière prestation de finaliste lors de la dernière édition, les Lions auront affiché un visage maussade, un jeu décousu, une porosité défensive et une attaque en manque d'efficacité. Une équipe sans âme dirigée par un sélectionneur tergiversant sur l'ossature technique et tactique de son équipe et un sérieux manque d'autorité.
En fait, les fauves camerounais du sport roi auront plutôt brillé par des clivages entre joueurs et des mésententes qui auront influé sur la cohésion de l'équipe et leur vaudra certes une qualification peu glorieuse pour le second tour de la compétition, mais une élimination humiliante en quart de finale par une belle équipe égyptienne conquérante et habituée à dompter le Lion camerounais. Une déculottée qui aura encensé les médias locaux sans savoir que le pire était à venir.
Février : Plainte contre Paul Biya
La déculottée footballistique étant oubliée, une plainte pour "recel de détournement de fonds publics" sera déposée mardi 2 février à l'encontre du président camerounais Paul Biya par l'association "Conseil des Camerounais de la diaspora". Une plainte qui va déclencher l'ire des collaborateurs du président de la République et les pousser à sortir de leur retranchement pour critiquer cette démarche que le ministre de la Communication qualifiera de « mensongère et de diffamatoire ». Cette affaire qui aura fait les choux gras de la presse nationale et internationale tout au long de l'année, aura tiré son écho du fait que contrairement aux précédentes plaintes de Transparency International contre trois chefs d'Etat africains qui s'étaient achevées en cul de sac, cette fois les plaignants étaient de nationalité camerounaise.
Malheureusement, les mêmes causes produisant les mêmes effets selon le président du Ccd Célestin Djamen, la plainte se révélera vaine et sera rejetée par le parquet de Paris quelques jours après. Le 15 février, le limogeage du Secrétaire général de l’Assemblée nationale Louis Claude Nyassa survient, remplacé par Victor Yene Ossomba.
Mars : Enlèvements à Bakassi
Le 12 mars, sept chinois seront enlevés par des rebelles aux larges des côtes de Bakassi, suscitant l'intérêt sur la sécurité véritable des côtes camerounaises. En effet, tout au long du reste de l'année, plusieurs personnes feront l'objet d'attaques qui se solderont parfois par des morts d'hommes.
Cinq jours plus tard, le sol camerounais accueillera la visite du président de la Turquie, du 16 au 17 mars Abdullah Gül, accompagné d'une forte délégation constituées de membres du gouvernement et d'opérateurs économiques. Cette visite historique au Cameroun va permettre aux deux Etats de renforcer leurs liens de coopération économique et diplomatique avec notamment la réouverture et l'inauguration de la représentation diplomatique de la Turquie au Cameroun.
Le 21 mars, la visite du secrétaire général du Rdpc à Douala et le meeting de circonstance organisé sur le lieu dit base elf, donne la possibilité au parti des flammes de faire preuve d'une démonstration solennelle de force et de puissance.
Avril : Un journaliste meurt en prison
Le premier Avril, le quotidien d'information Mutations indexe en grande une de son journal en guise de poisson d'Avril, René Sadi comme étant candidat à l'élection présidentielle de 2011. Une blague de mauvais goût qui aura courroucé les proches du secrétaire général du Rdpc et alimenté par ailleurs les débats sur la véracité de cette information.
La nuit du 21 au 22 avril, le journaliste et directeur de publication Germain Cyrille Ngota meurt dans des conditions douteuses dans les geôles de la prison centrale de Kondengui. Encore appelé Bibi Ngota, le journaliste avait été incarcéré avec deux autres confrères Serges Sabouang et Harrys Mintya Meka pour « Faux, usage de faux et imitation de signature de hauts responsables de la république ». Cette mort aura mis en émoi les médias nationaux et internationaux au point de générer une grève du fait du refus des autorités pénitenciers camerounaises de prodiguer des soins au journaliste. Un acte considéré comme une vendetta du secrétaire général à la présidence de la République qui avait poussé les observateurs à pointer du doigt la prétendue liberté de la presse au Cameroun et à récrier les conditions de détention dans le pays de Paul Biya.
Mai : Cinquantenaire de l’indépendance
En début du mois, le Cameroun fête son demi-siècle d’accession à l’indépendance. Durant les festivités du cinquantenaire de l'Etat du Cameroun, plusieurs articulations meubleront cette commémoration qui mettra le Cameroun en vitrine sur la scène internationale. La conférence internationale Africa 21 organisée et présidée par le président de la République Paul Biya et retranscrite par plus de 66 médias, sera honorée par la présence de divers chefs d'Etat africains.
Quelques jours après, alors que la polémique sur le lieu du déroulement du défilé aura fait les choux gras de quelques journaux, le défilé civil organisé finalement au Boulevard du 20 mai, verra le passage inattendu du Sdf avec des mouchoirs indexant ouvertement la crédibilité du Sdf.
Juin : Honte en Afrique du Sud
Mois de la tenue de la coupe du monde organisée pour la première de l'histoire de cette compétition sur le continent africain, le Cameroun en profite pour entrer dans le livre des tristes records. Etant le premier pays éliminé de la compétition, les Lions indomptables développeront une prestation nulle qui leur vaudra de sortir la queue entre les jambes, sans glaner le moindre point. Un passage catastrophique des fauves indomptables qui se révélera comme le plus mauvais de toutes les participations des Lions indomptables en coupe du monde. Finalement, cette compétition désastreuse aura permis par la suite de mettre sur la table les clivages présents au sein de cette équipe entièrement divisée par les mésententes entre les joueurs et dont le contrôle aura échappé au sélectionneur de nationalité française, Paul Marie Le Guen.
Une contre performance qui va pousser le ministre Michel Zoah à prendre un certain nombre de décisions dans le but de reformer le football camerounais. Durant ce même mois, le Cameroun connaîtra le décès de Léopold Ferdinand Oyono au palais des congrès, durant la première visite de Ban Ki Moon, secrétaire général des Nations Unies au Cameroun.

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Juillet : Il s’appelait Pius Njawé
Le mois de juillet sera le firmament des douleurs de la presse camerounaise. Après avoir enregistré plusieurs décès, dans l'après-midi du 12 juillet, le directeur de publication du journal Le Messager est victime d'un accident de circulation mortel sur une autoroute aux Etats-Unis alors qu'il s'y était rendu pour assister à un forum politique organisé par le Camdiac. Ce décès brutal de Pius Njawé aura alimenté les débats quant aux causes réelles de sa mort et susciter tout autour, une mobilisation sans précédent. Que ce soit à l'aéroport durant l'arrivée du corps, qu'à l'enterrement à Babouantou, le défenseur de la liberté de la presse aura été accompagné de nombreux médias et d'un panel de personnalités du monde politique et économique.
Trois jours après, dans la nuit du 15 au 16 juillet, le cabinet de Lazare Essimi Menye est éventré par des inconnus alors qu’il se trouve hors du pays. La valeur des objets dérobés engendrera une polémique car si quelques journaux parlent de 700 millions de FCFA emportés d'autres relativisent. D'autres encore spéculent en évoquant la disparition de lingots d'or de grande valeur. Toutefois si le ministre balaiera d'un revers toutes ces évocations, toujours est-il que le succès de l'opération en dépit de la présence de plusieurs barrages de sécurité éveillera les soupçons. Après le Minfi, ce sera le tour d la Crtv d'être la cible des malfrats.
Septembre : le choléra dicte sa loi
Le 7 septembre 2010, un cas de maladie déclenche dans le train obligeant les équipes sanitaires de la Camrail à évacuer le concerné à l'hôpital de Mbandjock. L'homme suspecté d'être atteint de choléra, la panique s'empare aussitôt de tous les habitants de Yaoundé. En effet, alors que le septentrion enregistre des morts record, les autorités administratives en charge de la santé qui se battent pour éradiquer le fléau craignent qu'à travers les migrations des populations, l'épidémie ne soit déjà dans la capitale politique du pays. Même si plus tard, les professionnels de la santé vont minimiser les craintes, l'épidémie va prendre de l'ampleur dans la capitale économique où des cas de décès vont pousser les autorités régionales et le ministre de la santé à prendre des mesures conséquentes pour limiter autant que faire se peut l'avancée du fléau qui aura finalement fait près d'un millier de morts.
Octobre : Le Sdf et Elecam
Durant ce mois, le social Democratic Front va monter au créneau en dénonçant l'illégalité des actes posés par Elecam obligeant le chef de l'Etat à décréter le 13 octobre, l'effectivité d'Elections Cameroon. En effet, se cantonnant sur l'article 42 de la loi du 19 décembre 2006 alinéas 3 et 4 qui stipulent que « la mise en place effective d'Elecam est constatée par décret du président de la République » le parti du chairman va porter plainte à l'organe chargé d'organiser les élections au Cameroun. Une plainte que la Cour Suprême jugera recevable mais qui n'aboutira finalement à rien. Par ailleurs, plusieurs cadres du parti déposeront les clefs à l'instar de Kah Wallah qui annoncera plus tard sa candidature à l’élection présidentielle prochaine.
L'affaire Forjindam et compagnie livrera son verdict définitif après plusieurs mois de péripéties judiciaires, même si la plupart des médias poseront un certain nombre d'interrogations sur la quintessence du dénouement de ce feuilleton judiciaire.
Novembre : Biya perd son ange gardien
Le onzième mois de l'année sera le mois des surprises. Après le déroulement de la coupe du Cameroun en l'absence du président de la République, les festivités du 6 novembre organisées sur toute l'étendue du territoire se feront également sans la présence de Paul Biya. La surprise suivante proviendra du report du cinquantenaire des armées à Bamenda prévu préalablement pour la fin du mois de Novembre. Une commémoration militaire qui verra la mort brutale d’Avi Abraham Sirvan, le conseiller militaire israélien de Paul Biya.
Décembre : le face à face historique
Le début du mois sera marqué par la tenue du cinquantenaire des armées à Bamenda. Alors que beaucoup s'attendaient à de nombreuses turpitudes à cause de la prédominance des habitants de cette ville à l'opposition particulièrement au Sdf, le déroulement de cette grande messe de l'armée camerounaise s'est plutôt déroulé sans heurt. Obligeant même le président de la République à prolonger d'une journée son séjour dans la ville.
Par ailleurs, cette célébration aura permis la rencontre historique, le 10 décembre 2010, entre Paul Biya et Fru Ndi pour la première fois après vingt ans de multipartisme. Après, joignant les actes à la parole, le décret de création de l'université de Bamenda suivra quelques jours plus tard et le comice agropastoral tant annoncé pour l'année 2010 connaîtra un énième report pour l'année suivante.
Rassemblés par Paul Tonye Njel
