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Alassane Ouattara, reconnu sur le plan international comme le vainqueur du scrutin présidentiel ivoirien, appelle ses concitoyens à la grève générale à compter de ce lundi, jusqu’à ce que le président sortant, Laurent Gbagbo, cède le pouvoir.
Bras de fer entre Gbagbo et Ouattara
Malgré les pressions internationales et les menaces d’intervention brandies par les pays de la région, ce dernier est resté campé sur ses positions dimanche, et s’est de nouveau présenté comme le président légitime de Côte d’Ivoire. Depuis le 28 novembre, Gbagbo et Ouattara se livrent un bras de fer politique sur fond de violences et de craintes d’une nouvelle guerre civile, à l’image du conflit de 2002-2003.
Le premier a été désigné vainqueur par le Conseil constitutionnel, acquis à sa cause, tandis que le second, reconnu par la communauté internationale, a remporté le scrutin selon les résultats communiqués par la commission électorale.
Appel à la grève générale
« Je confirme que nous avons appelé à une grève générale dans tout le pays à partir de lundi », a déclaré dimanche le porte-parole d’Ouattara, Patrick Achi.
Un peu plus tôt, le ministère français des Affaires étrangères avait confirmé l’immobilisation de l’avion de Laurent Gbagbo à l’aéroport de Bâle-Mulhouse à la demande « des autorités légitimes » ivoiriennes.
Gbagbo de plus en plus isolé
L’étau n’en finit plus de se resserrer autour de Gbagbo, de plus en plus isolé sur la scène internationale et régionale.
Les Etats-Unis et l’Union européenne ont imposé des restrictions à ses déplacements et la Banque mondiale et la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) l’ont privé d’accès aux fonds qu’elles détiennent, ce qui pourrait l’empêcher à court terme de payer les forces militaires.
Gbagbo : « Il y a un complot contre moi »
Les présidents du Bénin, de Sierra Leone et du Cap Vert, mandatés par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), tenteront de convaincre mardi Gbagbo de céder le pouvoir faute de quoi ils n’excluent pas un recours à la force.
Lors d’une conférence de presse, le ministre ivoirien de l’Intérieur, Emile Guirieoulou, a indiqué que le gouvernement de Gbagbo comptait accueillir les trois chefs d’Etat « comme des frères et des amis » et « écouter le message qu’ils lui apportent. »
Dans un entretien publié dimanche sur le site internet du quotidien français Le Figaro, Gbagbo se dit « tranquille » mais laisse entendre que ses partisans se défendront en cas d’attaque. « Il y a un complot contre moi », continue-t-il d’affirmer.
Violences après les élections ivoiriennes
Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), au moins 173 personnes ont trouvé la mort dans des violences et des arrestations pendant la période allant du 16 au 21 décembre.
Près de 14 000 Ivoiriens ont fui au Libéria pour échapper à ces violences. Cette insécurité croissante a amené la France à recommander à ses 13 000 ressortissants, dont une majorité de binationaux, de quitter le pays.
