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Guillaume Soro, le Premier ministre d'Alassane Ouattara, appelle ce 17 décembre à la reprise de la marche sur la RTI et sur la primature, malgré les incidents meurtriers de la veille à Abidjan lors de la première tentative. De véritables scènes de guerre ont eu lieu opposant les partisans de Gbagbo à ceux d’Ouattara. Environ 800 casques bleus ont pris position autour de l’Hôtel du Golf, le QG d'Alassane Ouattara.
Jean Ping, le président de la commission de l'UA est arrivé ce vendredi matin à Abidjan pour établir une médiation entre les deux camps.
Traversée d’Abidjan sous haute tension dans l’après-midi du 16 décembre. Le calme est alors pourtant revenu sur la ville, théâtre le matin d’émeutes et de scènes de combat. Mais les rares véhicules civils qui se risquent à vive allure sur les artères désertes ajoutent une note d’angoisse à l’omniprésence de forces de l’ordre sévèrement armées.
Au Carrefour de l’Indénié, des hommes du Centre de commandement des opérations spéciales montent la garde sur un pickup équipé d’une mitrailleuse de calibre 12.7 en batterie. Sur le boulevard lagunaire, le Café de Rome est désert. C’est là qu’une fusillade nourrie a éclaté en fin de matinée, au bord de la lagune Ebrié.
Pas âmes qui vivent non plus dans le quartier du Plateau, au cœur d’Abidjan, traversé pour éviter le pont Charles de Gaulle, verrouillé par des soldats de la Garde républicaine appuyés par un blindé.Direction le pont Félix Houphouët-Boigny. Aux extrémités, la Garde républicaine encore, mais sans blindé. Kalachnikov au poing, casque de combat vissé sur la tête, les militaires filtrent le trafic. Pour franchir le barrage sans encombre, mieux vaut baisser les vitres, faire un signe amical de la main, et ça passe.
Boulevard Giscard d’Estaing. La voie est libre. Le quartier de Treichville est tranquille. Au carrefour Solibra, une vingtaine d’hommes de la Brigade anti-émeute sont en faction dans leur camion. Ce sont les derniers hommes en armes croisés sur le parcours. De la zone 4 aux limites de Port-Bouët, tout est calme.
Le camp Ouattara repart à l'assaut de la RTI
Le bilan de ces violences est difficile à établir : au moins 11 morts et 80 blessés selon le CICR, 30 morts et 110 blessés selon le camp Ouattara, 20 morts selon le camp Gbagbo, 10 côté FDS, 10 côté manifestants.
Bilan de la journée à Abidjan :"Abidjan n'a pas connu de combats aussi violents depuis mars 2004..."
La communauté internationale ne cache pas son inquiétude, suite à ces affrontements meurtriers. Washington hausse le ton et donne un temps limité à Laurent Gbagbo pour quitter le pouvoir. C'est un responsable américain cité anonymement par l'Agence France Presse qui le dit. Selon ce même responsable, Laurent Gbagbo «écoute avec attention ce que les Etats-Unis, la France, la Cédéao et l'Union africaine lui font comprendre ». Washington et ses partenaires «unanimes» s'attendent à une décision «dans les jours qui viennent », conclut ce responsable américain.
Dès la semaine dernière, les Etats-Unis avaient clairement menacé Laurent Gbagbo de sanctions ciblées, le touchant lui et sa famille, s'il continuait à faire, « le mauvais choix » de s'accrocher au pouvoir. Le porte-parole du département d'Etat s'est dit « très préoccupé par la flambée de violence en Côte d'Ivoire». « Nous appelons tout le monde à rester calme pendant que nous travaillons avec la communauté internationale à résoudre cette situation » a déclaré Philip Crowley.
De son côté le Conseil de sécurité de l’ONU met en garde les auteurs d'attaques contre des civils en Côte d'Ivoire. Ils seront tenus pour responsables de leurs actes et « traduits en justice».
Hamadoun Touré, porte-parole de l'ONUCI : "Le rôle des soldats de l'ONUCI est de continuer les patrouilles, de parler à tous les partis politiques et d'éviter de nouvelles pertes pour la population. Il faut éviter les bains de sang..."
Sur la chaîne, France 24, Luis Moreno Ocampo, le procureur de la Cour pénale internationale a aussi mis les Ivoiriens en garde. Il engagera des poursuites contre quiconque serait responsable de violences meurtrières en Côte d'Ivoire.
Luis Moreno-Ocampo, procureur de la Cour pénale internationale (CPI) : "A la CPI, nous n'interviendrons pas dans les résultats des élections, ce n'est pas notre rôle."
Une vingtaine d'ONG, Organisations non gouvernementales aussi appellent à cesser les combats. Human Rights Watch, La Raddoh, une des ONG les plus influentes en Afrique ou encore la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme demandent avec force aux responsables ivoiriens d'appeler leurs partisans au calme et à la non-violence.
