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Les responsables en charge de l’organisation de la foire agricole étaient plus que certains que la ville d’Ebolowa sera au centre de toutes les attentions à partir du 09 décembre dernier. Au finish, cela a été un véritablement camouflet. Malgré le léger décalage de la date de cet événement et l’état d’avancement des travaux sur le terrain, les organisateurs avaient été amenés à se raviver, tout en restant assez optimistes.Répondant à une question de Joly Koum, il avait souligné que cette date pourrait subir quelques réaménagements, et non un grand report comme a semblé craindre certains observateurs. Parce que selon lui, tout était mis en œuvre pour que les choses se déroulent dans les délais. Ce dernier confirmait simplement les dires de son patron hiérarchique, le vice-Premier ministre en charge de l’Agriculture et du développement rural, Jean Nkuété, cheville ouvrière de l’événement, qui, dans les colonnes du quotidien gouvernementale du 10 novembre dernier, avait laissé entendre que le comice se tiendra à date.
Dans la mesure où, les chronogrammes étaient respectés entre 70 et 80% à cette date et que l’avancée des travaux était positive. Son collègue de l’Enseignement supérieur et élite de la localité, Jacques Fame Ndongo, s’était montré lui aussi très confiant en arguant que ce sera l’un des plus beaux comices jamais organisés dans le pays. « Les choses se déroulent très bien et le chef de l’Etat, nous le savons, sera très heureux d’être ici à Ebolowa.» Non sans manquer de rassurer les populations.
Malheureusement, toutes ces belles paroles ne reflétaient pas exactement ce qui se passait sur le terrain. Parce que même quelques heures avant le communiqué du secrétaire général de la présidence de la République, Laurent Esso, indiquant que le report du comice en janvier 2011 « pour permettre une bonne organisation de l’événement » les travaux se poursuivaient avec acharnement sur le site devant abriter l’évènement. Des engins s’attelaient encore à arranger certaines pistes, alors que la tribune principale recevait encore les coups de marteau des techniciens commis à cette tâche. Alors que dans les villas aménagées pour accueillir les délégations ministérielles, ce n’est que depuis le début de cette semaine que le mobilier a commencé à être acheminé dans la ville d’Ebolowa et ce, au moment où les peintres s’affairaient à passer les derniers coups de pinceau aux murs. Même la délégation du régionale de l’Agriculture et du développement rural qui a reçu un coup de neuf n’est pas entièrement électrifié.
A en croire nos sources, certains opérateurs de téléphonie comme Camtel y sont encore au four et au moulin sur le village du comice. Même la maison de la presse installée au niveau de la délégation régionale de la Communication n’avait pas reçu jusqu’à la journée du 13 décembre, un seul coup d’éclat, encore moins du matériel de télécommunication indispensable au travail des hommes de média.
Autant d’insuffisances qui ne pouvaient laisser le chef de l’Etat sans mot. En véritable patron, il vient de prendre ses responsabilités en mains en renvoyant simplement cette rencontre du monde rural. Une réaction qui sonne comme un désaveu du chef de l’Etat vis-à-vis de ses thuriféraires du régime du Renouveau, qui ne manquent pas d’occasions pour faire dire des choses au président Biya, juste pour servir leurs intérêts pécuniaires et leur égo débordant.
Sanctions
Cet autre échec qui sera bien évidemment classé dans le bilan du chef de l’Etat mérite d’être sanctionné avec la dernière énergie. Pour de nombreux observateurs qui se sont prononcés sur le sujet, le président Biya gagnerait à faire porter le chapeau à tous ceux qui l’ont une fois de plus induit en erreur. Et un des meilleurs moyens de le faire, c’est de les écarter de son entourage en les mettant hors du gouvernement. « Ceci fait près d’un an que le chef de l’Etat a annoncé la tenue du comice en 2010. Ceux qui étaient chargés de mettre en branle cet évènement avaient des moyens matériels et financiers pour réussir leurs missions dans les délais. Ils ne l’ont pas fait. Ils méritent donc d’être simplement sanctionnés. C’est une impréparation et un manque du respect de la personne du chef de l’Etat. Il faut que les choses changent dans ce pays…» martèlent-ils.
Connaissant le Cameroun et le comportement de son président, les organisateurs seront-ils « blâmés »pour servir d’exemple ? On ne perd rien à attendre.
Thierry Nyope
