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Energie : La filière charbon se relève à l’Est .

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charbon_mineUne étude commandée par la Gtz révèle les bienfaits de cette activité sur les revenus des populations et la forêt, lorsqu’elle est bien organisée.Il est urgent de développer la filière charbon dans la région de l’Est comme source alternative d’énergie dans les régions septentrionales et le Tchad.
L’objectif est de réduire la pression exercée sur les forêts par les charbonniers alors que tous les acteurs du secteur forestier s’accordent sur l’échec des campagnes de reboisement organisées dans cette partie du pays.
Ce triste constat ressort des résultats préliminaires d’une étude commise par le programme d’appui au programme sectorielle forêt environnement (Propsfe) de la coopération technique allemande (Gtz).

Au cours de l’atelier de restitution de cette étude à Bertoua, Guy Merlin Nguenang, le Coordonnateur par intérim de l’antenne Gtz à l’Est, a indiqué que l’étude visait à «faire le pont entre le sud forestier et le grand Nord de savane». A en croire les consultants, l’étude a fait «un état des lieux de la production et de la commercialisation du charbon dans les villes de Ngaoundéré, Garoua et Maroua avec une extension sur Kousséri, localité présentée par les populations locales comme la plaque tournante d’un trafic intense et illégal de cette matière. On a également exploré les possibilités d’organisation de la commercialisation du charbon de l’Est vers les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord».

 

En ce qui concerne l’état des lieux, le rapport, est simplement alarmant. «Cette activité est un facteur de désertification avec pour corollaires la disparition du couvert ligneux et des espèces à haut potentiel énergétique, la dégradation des sols et la disparition de la micro-flore, le tout débouchant sur des perturbations des écosystèmes. Dans les trois régions septentrionales, 570 sacs de charbon sont consommés au quotidien.Ce qui représente environ 7.300 tonnes par an et près de 8.000 ha de forêt rasée» a indiqué Shadrack Ondoa Ekotto. Pourtant, les autorités camerounaises et tchadiennes ont pris des mesures visant à interdire la carbonisation dans leurs localités et pays respectifs. Malheureusement, cette situation est accentuée par des faiblesses institutionnelles et infrastructurelles.

 

2,1 milliards de Fcfa

Selon M. Njoya Ibrahim Soaré, la lutte contre la carbonisation dans le grand nord est aussi affaiblie par «un arsenal juridique inadapté, notamment la loi forestière de 1994 qui n’a pas pris en compte les réalités du Cameroun septentrional en matière de bois énergie et de charbon de bois». De ce fait, il se développe «une parafiscalité arbitraire et étouffante, mais aussi toutes sortes de déviances managériales». Le cas du grand nord n’est cependant pas isolé. Une étude menée en 2009 sur la carbonisation artisanale dans la région de l’Est établit que «la production mensuelle de 05 sites par des techniques artisanales est de 120 tonnes» et que l’introduction des techniques modernes de carbonisation par le Propsfe, basées sur l’utilisation des fours améliorés en brique de terre ou en métal, a permis de porter les rendements de 25 à 40%.
La même étude montre que dans les cinq sociétés forestières (Grumcam, Cfc, Sfid, Sefac et Stbk) retenues pour la phase pilote du projet, le volume mensuel de rebus de scierie carbonisable est estimé à 11.470 m3 soit une capacité de production mensuelle de 1.686 tonnes de charbon de bois. Des statistiques qui donnent espoir puisque l’Est et ses grandes réserves forestières peuvent satisfaire en sept mois la demande annuelle de charbon dans le grand nord. Celle-ci, estimée à 11.520 tonnes, génère au total plus de 1,3 milliard de Fcfa, et pourrait évoluer pour atteindre en 2015 près de 18.600 tonnes pour 2,1 milliards de Fcfa.



Sebastian Chi Elvido

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