Le feu de bois, énergie la plus consommée au Cameroun



En 2008, il représente 77% de la consommation totale d’énergie. La présentation du rapport annuel du système d’information énergétique du Cameroun (SIE-Cameroun) hier au ministère de l’Energie et de l’Eau a permis de faire le point sur le volume et les types d’énergies les plus consommées au Cameroun. La répartition sectorielle de la consommation finale indique qu’en 2008, les ménages ont battu le record avec 74% de consommation contre 12,2% pour le transport, 8,5% pour les autres et 5,3% pour le secteur industriel. On remarque ainsi que les _ d’énergie finale consommée au Cameroun sont destinés aux usages non productifs.
La consommation par type d’énergie, elle, montre que la biomasse constitue 77% de consommation finale, contre 16% pour les produits pétroliers et 7% pour l’électricité. En considérant la consommation par habitant, on se rend compte que le Cameroun est l’un des pays où la consommation moyenne annuelle de feu de bois est la plus élevée, soit 625 kg par an et par habitant. Le pays se place ainsi devant le Togo (361 kg/an/hab), le Niger (260) et le Sénégal (165). Cela s’explique par l’abondance du bois dans le pays et l’insuffisante transition vers les énergies modernes de cuisson des repas. Cela ne va pas sans conséquences : disparition des mangroves, avancée du désert, modification du climat.
Le rapport présenté hier rappelle aussi les grands déséquilibres du secteur de l’énergie. On cite entre autres, une production pétrolière déclinante, une gestion informelle du bois de chauffe, une offre énergétique insuffisante pour assurer la mise en œuvre des grands projets industriels, un potentiel énergétique non mobilisé, une faible valorisation des énergies renouvelables, etc. Mais les réponses de l’Etat sont tout aussi évidentes : réformes institutionnelles engagées dans les secteurs électrique et pétrolier, des projets en voie de démarrage (Lom Pangar, Menve’ele, Nachtiga), etc.
Le système d’information énergétique qui a rendu son rapport hier est un outil d’aide à la décision. A ce titre, il collecte, traite, valide et analyse des données du secteur de l’énergie. Ces données devraient être pour l’Etat, c’est qu’est le tableau de bord pour une voiture, a souligné Philippe Constant, coordonnateur SIE-Afrique, lors de son intervention. Pas de bonnes décisions sans des données fiables. Elles permettent de savoir la situation qui prévaut afin d’anticiper sur l’avenir avec une planification adéquate.
Le ministre de l’Energie et de l’Eau était représenté à la cérémonie de présentation de ce rapport par son secrétaire général, Fritz Gérard Nasako.