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L'entraîneur adjoint des Lions indomptables déplore le mauvais état des stades de football au Cameroun.
Pourquoi avez-vous choisi de superviser la rencontre Unisport # Canon, comptant pour la 3ème journée du championnat Mtn Elite One ?
J'ai choisi ce match, parce que j'ai estimé que c'était une bonne affiche. Il faut rappeler que la direction technique nationale (Dtn) est aussi présente dans les stades de la République pour la détection des talents.
Quelle idée vous vous faites du championnat national Mtn élite One au regard du match que vous avez regardé dans l'après-midi du 28 novembre entre Unisport et Canon de Yaoundé, à Bafang ?
Ce match confirme mon appréhension depuis la première journée de ce championnat. Il y a vraiment des talents. Maintenant, il revient aux entraîneurs de travailler pour élever le niveau, parce qu'il y a de la matière brute.
Pensez-vous qu'avec l'état de nos aires de jeu, l'on puisse vraiment jauger le niveau et la qualité du jeu ?
C'est difficile, j'ai pu le constater aujourd'hui. A Yaoundé ou à Douala, c'est tout autre chose. Sur ces deux stades, c'est possible. Dans la poussière, ce n'est pas évident, même quand les joueurs se battent pour apporter des gestes techniques appréciables. A mon humble avis, je pense que les autorités doivent faire quelque chose pour offrir à la jeunesse des aires de jeu acceptables pour leur meilleur épanouissement.
Sur quel stade mettrez-vous le cap prochainement ?
Je ne sais pas, mais à vrai dire, la Dtn est là pour mieux faire ce travail. A ce propos, nous avons une séance de travail demain lundi [29 novembre 2010] avec elle, pour mieux définir les responsabilités. En définitive, je dirais qu'il n'y a aucun terrain qui me tente pour l'instant. Mais, mon souhait, c'est que la direction technique nationale et les entraîneurs nationaux couvrent tous les matches de l'élite One et de l'élite Two.
A votre époque, plusieurs amateurs composaient l'effectif de l'équipe nationale de football. Pourquoi ce n'est plus le cas aujourd'hui ?
Je pense que la pléthore des joueurs professionnels à l'équipe nationale ne plaît pas trop à la fédération camerounaise de football et au ministère des Sports, qui sont en voie de mettre tout en œuvre pour professionnaliser les choses au Cameroun. Afin d'élever le niveau des joueurs qui pourront, sans complexe, se retrouver dans les Lions indomptables.
Y a-t-il une différence entre le jeu de votre époque et ce que vous voyez maintenant ?
Oui. Il y a une grande différence dans la mesure où on n'avait très peu de joueurs professionnels à l'équipe nationale. Les Lions indomptables étaient composés de joueurs des différentes grandes équipes du championnat. Aujourd'hui, toutes ces équipes se sont éclatées pour devenir de petites formations de village, et du coup, les bons joueurs se dispersent. Si vous faites un mélange Fovu - Astres, cela donne une très bonne équipe. Mais, chacun à part, tout devient moyen. Je pense qu'il faut réfléchir sur ces aspects. On espère qu'avec la Ligue professionnelle, les choses pourront changer. Parce que les grands dirigeants vont se retrouver dans une grande structure pour former de grands clubs.
Comment appréciez-vous l'ambiance qui a régné au stade municipal de Bafang ?
L'ambiance est bonne, conviviale. J'ai vu des parents en compagnie de leurs enfants au stade. Cela nous replonge à l'époque où les stades faisaient le plein d'œuf. Il faut encourager ce genre d'équipe, qui est portée par toute une grande communauté. Ici, l'ambiance est toujours chaude au stade.
Sans vouloir entrer dans votre fiche de bord, l'on serait curieux de savoir quelques noms de joueurs qui vous ont marqué au cours de cette rencontre ?
Je vous réponds comme Jean Vincent en 1982, lorsqu'il est arrivé au Cameroun. A cette même question, il avait répondu que les 22 joueurs entrés en stage ont le niveau. Et moi, je réponds tout simplement que les 22 acteurs du jour m'ont tapé à l'œil.
Propos recueillis par Jérôme Serge Todjom, à Bafang
