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Cameroun : Des journalistes se frottent aux émissions interactives

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journalistes-camerounaisUn stage de perfectionnement à « l’animation d’émissions interactives» pour 06 journalistes des radios privées, religieuses, commerciales ou communautaires basées dans les régions de l’Ouest, du Centre et du Littoral  a démarré à Yaoundé, la capitale le 08 novembre dernier.

 

Faisant suite aux précédentes formations qui ont porté d’abord sur «La gestion des radios de proximité» , puis sur «Le management d’équipe», cette 3ème étape,  co-animée par Pierre-Yves Schneider et Augustin Charles Mbia, tous deux formateurs de RFI Formation Internationale,

est tournée sur «L’animation d’émissions interactives» et, rentre dans la suite logique du projet RFI-SJEC intitulé «Des radios pour une politique citoyenne». Un projet soutenu par la Délégation de l’Union Européenne au Cameroun. Aussi, approché par le correspondant de l’agence Ai, Pierre-Yves Schneider se confie.

 

Vous êtes au Cameroun pour une session de formation des journalistes des radios privées. Sur quoi porte-t-elle ?

 

Elle va porter sur l’interactivité, sur les émissions où on fait appel aux auditeurs, où on laisse s’exprimer les auditeurs à l’antenne le plus souvent d’ailleurs en direct. Ce sont des émissions qui sont évidemment extrêmement intéressantes, extrêmement écoutées. Les gens aiment beaucoup entendre les autres s’exprimer parce qu’ils s’identifient aux auditeurs qui prennent la parole.

Des émissions certes intéressantes qui auraient pourtant un revers

Ce sont des émissions qui demandent une technique particulière, une maîtrise extrêmement forte de la part des producteurs, des journalistes et des animateurs qui les présentent parce qu’on va le dire, les risques de dérapage verbaux, de contenu …etc, sont considérables.

Quelles seraient ses limites en termes journalistique ?

Ce sont des émissions qui ont d’ailleurs une limite journalistique.  Les auditeurs sont souvent des gens qui ont envie d’exprimer plus une colère, une humeur, plus que de donner une information. Je pense que ces émissions sont importantes. Elles ont du succès mais, il faut d’une part savoir les maîtriser et puis, qu’elle ne devienne pas l’alpha et l’oméga de la radio. La radio c’est d’abord un vrai travail de terrain, un vrai travail de recherche, un vrai travail d’interview de la part des journalistes. Quelques fois, les producteurs ont tendance à se limiter comme ça à une ligne ouverte où les gens peuvent s’exprimer à droite et à gauche. Ce n’est pas toujours en fait les émissions les plus intéressantes. Ceci étant, le principe de cette formation est de donner à ces producteurs, ces journalistes et à ces animateurs, des outils supplémentaires pour améliorer leurs techniques, pour leur faire prendre conscience des avantages et des inconvénients de ce type d’émission.

Quelles sont vos attentes vis-à-vis des participants ?

 

Ce que je demande aux participants qui sont des gens d’expérience, c’est de participer c’est-à-dire, de ne pas se contenter d’être là pour entendre un  savoir qui viendrait de l’extérieur parce que je suis un professionnel comme eux. Mais, j’ai une expérience qui est une expérience autre, une expérience internationale des autres radios, dans d’autres supports et j’ai eu la chance de réfléchir à ce sujet là en particulier mais, je leur demande de participer le plus possible, de discuter, d’interrompre le formateur et de participer eux-mêmes à cette échange d’expériences.

 

Quel est l’objectif final de ce stage ?

 

L’objectif final va être à la fois auprès de ces producteurs, et aussi auprès de ces Directeurs de station de prendre conscience pour que ce type d’émission soit efficace et ait une identité. Il faut un vrai travail, une vraie valorisation de leur propre travail et pour leur station. Il faut un peu plus de moyens. Les bonnes émissions interactives avec un invité en studio, un spécialiste que les auditeurs vont pouvoir interroger, ça peut être une excellente émission. Elle peut être une émission très porteuse pour chacune de ces stations  et, aujourd’hui au Cameroun, principalement à Yaoundé, les radios sont dans une situation concurrentielle. Elles ont besoin d’avoir les meilleures émissions possibles.

 

Prosper Mimboé, Ai Yaoundé

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