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En ouvrant hier de la session budgétaire, le Pan a expliqué que la plainte de l’ancien député n’est qu’une fuite en avant. Au cours de l’ouverture de la session parlementaire consacrée à l’examen du budget de l’Etat pour l’exercice 2011, Cavaye Yéguié Djibril s’est expliqué sur l’affaire Ambassa Zang en ces termes :
« Au cours des deuxièmes assises de l’Uip, à savoir la 123ème assemblée générale tenue du 4 au 6 octobre 2010, nous avons été particulièrement interpelés par le Comité des droits de l’Homme parlementaire suite à une requête de notre camarade Ambassa Zang Dieudonné.
Respectueux de ses engagements internationaux et fidèle aux principes de transparence et de respect de l’Etat de droit qui, de plus en plus caractérisent le Cameroun, notre parlement a dû se soumettre à une audition à cette occasion pour s’expliquer sur le cas de notre collègue.
En effet, ce dernier a saisi l’instance interparlementaire que je viens de citer aux fins de dénoncer, selon lui, les poursuites politiques dont il fait l’objet au Cameroun. D’où son exil forcé. Dans son argumentaire, l’intéressé relève trois faits essentiels pour étayer son accusation : premièrement, la demande de la levée de son immunité parlementaire aurait été le fait du ministre de la Justice et non du procureur de la République, autorité de l’ordre judiciaire ; deuxièmement, le bureau de l’Assemblée nationale a tenu une séance extraordinaire pour statuer sur son cas. Ce qui, dit-il, est contraire aux dispositions du règlement intérieur ; troisièmement, enfin, face à ce qu’il considère comme étant de l’acharnement , les membres du bureau ont rejeté la demande de la levée de son immunité parlementaire, affirme notre collègue».
Pour le président de l’Assemblée nationale, les arguments du député en fuite sont faux : «nous le savons tous, et cela avait été abondamment relayé par les médias, les membres du bureau avaient exigé de rentrer en possession de l’acte d’accusation afin de statuer en toute connaissance de cause. Notre contre-argumentaire a permis aux membres de la Commission des droits de l’Homme des parlementaires de mieux saisir les contours d’une situation qui, nous semble-t-il, n’est ni plus ni moins qu’une fuite en avant. Le dossier reste donc pendant devant les juridictions et les instances compétentes», ajoute-t-il.
On se rappelle que l’ancien député Rdpc de la Mefou-et- Afamba a quitté le Cameroun en juillet 2009, quelques jours avant une session extraordinaire de l’Assemblée nationale consacrée à la levée de son immunité parlementaire. Cette levée d’immunité a été demandée par le vice-Premier ministre en charge de la Justice, en raison de présumés détournements de fonds dans le cadre des travaux de réfection des ponts sur le Wouri et sur la Sanaga alors qu’il était ministre des Travaux publics.
L’ouverture de la session budgétaire 2010 a également été l’occasion pour Cavaye Yéguié Djibril de déplorer la «dégradation de plus en plus marquée» des rapports entre l’exécutif et le législatif. Selon lui, cette dégradation se manifeste par «un mépris [de ] certains membres du gouvernement [qui] se rendent systématiquement indisponibles quand il s’agit de recevoir les députés».
