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Projet Lom Pangar :La construction du barrage débute en décembre

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ardi, 02 Novembre 2010 19:11
barrage96C’est le dernier grand volet du projet. Car, les travaux de construction de la cité du barrage ont déjà démarré et sont évalués à 40%. Ainsi que ceux de la route de l’ouvrage. La cérémonie de pose de la première pierre du barrage de retenue de Lom Pangar, dans la région de l’Est, aura lieu ce 21 décembre 2010, synonyme de démarrage effectif du dernier grand volet du projet.
L’information vient de la directeur général d’Electricity development corporation (Edc). D’après Théodore Nsangou, la phase des préalables est suffisamment avancée. C’est ainsi qu’on apprend de cet ancien sous directeur d’Aes Sonel que les appels d’offres y afférents ont été lancés déjà  au mois d’aout et que les offres sont attendues ce 5 novembre courant.
Ces informations servies par le Dg d’Edc lors d’une concertation avec le secteur privé, tenue la semaine dernière, à Douala, sont confirmées d’ailleurs par le ministère de l’Energie et de l’Eau (Minee). «Les travaux de la commission de constat et d’évaluation des biens mis en cause seront bientôt finalisés, une mission de pré-évaluation de l’Afd a eu lieu au mois de juin 2010, l’appel d’offres pour le recrutement du maître d’œuvre a été lancé et les offres techniques des candidats sont en examen », synthétise le sous-directeur du contrôle des activités de transport et de distribution au Minee.
Richard Balla, qui était également intervenant dans la concertation suscitée, apprend également que le contrat du consultant chargé de mener l’étude sur la gestion forestière est en signature et que l’étude va bientôt démarrer. Tout comme la demande de proposition pour l’étude relative aux modalités de gestion des eaux de la Sanaga a reçu la non objection de la Banque mondiale et a été transmise au consultant classé 1er sur la liste restreinte.

 

Cité du barrage et route Djeng-Djeng

Concernant les ouvrages préliminaires et connexes, les principaux acteurs font remarquer une réelle avancée. On apprend ainsi que les travaux de la cité du barrage ont déjà été réalisés à hauteur de 40% et seront achevés d’ici janvier 2011, que ceux de la construction du tronçon Deng-Deng ont démarré le 4 septembre 2010. D’après les dernières projections, qui, d’ailleurs tiennent compte de ces évolutions, la mise en eau du barrage est prévue en juillet 2013.

 

Situé dans le département du Lom et Djerem, sur le bassin de la Sanaga, à quatre km environ en aval de la confluence des rivières Lom et Pangar, ce projet comprend plusieurs aspects. Il s’agit d’abord d’un barrage réservoir qui vise à apporter des éléments de réponse opérationnels au déficit chronique d’eau dans la Sanaga pendant la saison sèche. Concrètement, le projet d’aménagement hydroélectrique vise à la constitution d’une retenue de régulation de la Sanaga en vue de saturer les capacités installées à Songloulou et Edéa. Il est envisagé une augmentation de 320 m3/s du débit d’étiage, une puissance garantie supplémentaire de 168 Mw  et une production supplémentaire de 848 GWh/an.

 

Le projet prévoit ensuite la construction d’une usine de 51 mégawatts (Mw) au pied du barrage. Des mesures d’accompagnement sont envisagées afin de prévenir, minimiser ou compenser les effets négatifs ou perturbateurs de l’aménagement sur l’environnement, le tissu socio-économique local, les infrastructures existantes, le patrimoines culturel régional, etc. Lom Pangar est le projet le plus important du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce). Théodore Nsangou en est d’ailleurs conscient. «Lom Pangar est un projet structurant car il conditionne tout le reste », avoue-t-il. En effet, l’échec de Lom Pangar sera synonyme de l’échec des grands projets du gouvernement dans l’ensemble. Entre autres, Nachtigal, Songmbengue, ainsi que les grands projets de Rio Tinto. Tout comme tout retard accusé dans la réalisation dudit ouvrage va fausser les projections de l’Etat qui compte doubler la production énergétique à l’horizon 2015 et la tripler à l’horizon 2025.

Aspects positifs du projet

C’est pour cette raison que les acteurs multiplient des concertations tant avec les bailleurs de fonds, qu’avec les populations et le secteur privé afin d’éviter toute fausse note qui sera synonyme du chaos. Au regard surtout des mauvaises nouvelles qui viennent d’Aes Sonel qui, apprend-on, prévoit une réduction de 71 Mw dès l’année prochaine. Bien plus, le projet Lom Pangar se présente comme étant le déclencheur de la croissance au Cameroun. Parmi ses aspects positifs, on cite pêle-mêle l’amélioration du bien-être des populations, l’accès facile à l’électricité, la baisse des tarifs d’électricité, la production de l’hydroélectricité pour la région de l’Est qui, jusqu’ici se contente du thermique, la création de milliers d’emplois.

 

Concernant ce dernier volet, 7 secteurs clés attendent les chercheurs d’emplois ainsi que les entreprises. Lé génie mécanique, l’électricité, les Btp, les matériaux de construction, les services, l’ingénierie générale. Avec Lom Pangar, le problème de déficit énergétique ne sera plus qu’un lointain souvenir, si on s’en tient au Dg d’Edc qui annonce d’ailleurs qu’en ce moment-là, le Cameroun va se permettre même d’exporter l’énergie au Tchad et au Nigeria. « Les effets seront énormes et cela va influencer considérablement notre balance de paiement », peut déjà rêver Théodore Nsangou. Seulement, il faut encore trois ans pour en arriver-là.

 

André Fotso« La seule crainte c’est le problème de financement »

Industriel iconoclaste et président de la promotion de l’entreprise du Gicam, représentant du patronat à la concertation du 28 octobre 2010, à Douala, il apprécie le niveau d’avancement des grands projets énergétiques et opine également sur les autres prioritaires à amorcer par le gouvernement.

Est-ce que le Gicam est satisfait de l’état d’avancement des projets énergétiques ?

Nous avons discuté longuement avec les chefs de projet et ces derniers nous ont présenté des exposés extrêmement clairs et précis. Nous avons posé également un certain nombre de questions, aussi bien pour ce qui est du contenu du projet que du chronogramme. Les réponses ont été claires. Nous en déduisons que, raisonnablement en 2013, la question de déficit énergétique devrait être derrière nous, devrait être un lointain souvenir. J’ai perçu une grande détermination, une grande volonté d’aller de l’avant des chefs de projets et nous n’avons pas de raison de ne pas nous satisfaire de ce volontarisme affiché qui donne beaucoup d’espoir. Maintenant, on est d’accord qu’on aurait pu s’y prendre un peu plus tôt, mais mieux vaut tard que jamais et en l’état actuel des choses, nous sommes relativement satisfaits.

Le gouvernement annonce un doublement de la capacité énergétique actuelle à l’horizon 2015, est-ce possible et vraisemblable ?

Je m’en tiens une fois de plus aux présentations qui ont été faites. Je suis convaincu que ces projets allant à leur terme en 2013, ce qui nous a été dit, c’est-à-dire potentiellement un Cameroun exportateur d’énergie électrique vers le Nigeria, c’est du domaine du faisable. Mais, une fois de plus, il est important que l’engagement soit total et la détermination des porteurs de projets, appuyée par les pouvoirs publics, soit également totale. Si c’était le cas, nous avons lieu de penser qu’effectivement, le doublement du potentiel offert en matière d’énergie soit une réalité au cours des trois, voire cinq prochaines années.

Est-ce que le Gicam a des réserves particulières par rapport à ces grands projets ?

Je pense qu’en l’état actuel des choses, la seule crainte, -ce n’est pas une réserve-, c’est le problème de financement qui pourrait éventuellement retarder et faire accuser le retard sur le sur le chronogramme. Si cette question était réglée et prise à corps et des solutions apportées, a priori nous je pense que nous devrions être confiants. La seule crainte pour moi c’est le décalage qui pourrait être observé dans le chronogramme annoncé.

La question de déficit énergétique est une préoccupation récurrente du Gicam. On peut dire le gouvernement a enfin écouté le patronat ?

Je ne dirai pas que le gouvernement a enfin écouté le Gicam. Le gouvernement était bien conscient de ce problème au même titre que les chefs d’entreprises. Ce dont on doit se féliciter aujourd’hui, c’est que les pouvoirs publics aient pris à bras le corps ce problème, car les ménages en souffrent, les entreprises ne peuvent pas envisager raisonnablement se développer dans le contexte actuel de l’offre énergétique. Nous pensons simplement que nous allons continuer à être extrêmement vigilants, à être attentifs au respect du chronogramme.

En dehors de la question énergétique, quels sont les autres secteurs, d’après vous, qui méritent aussi cette grande attention du gouvernement ?

Nous pensons qu’il y a tellement des chantiers à engager dans notre pays, pour que nous puissions envisager d’être un pays émergent à l’horizon 2035. Ces chantiers vont de l’énergie aux projets infrastructurels. De mon point de vue, les infrastructures routières devraient constituer l’autre grand pôle de préoccupations et d’intérêts pour les pouvoirs publics. Je pense au 2e pont sur le Wouri, à l’autoroute Douala- Yaoundé.

Il me semble également évident que les sorties Est et Ouest de Douala doivent être impérativement envisagés et programmés, et d’une manière générale, tous les travaux d’infrastructures routières qui pourraient fluidifier la circulation des marchandises et faciliter les échanges économiques avec d’autres pays de la sous région. Donc, je pense que l’autre grand centre d’intérêt, l’autre grande priorité devrait être les infrastructures routières.yes man

Recueillis par Hervé B.Endong

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