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Le lancement de la campagne sucrière de la Sosucam ce jour devrait mettre un terme aux tensions connues jusque là sur le marché. Dans les commerces de la capitale, on est optimiste : « d’ici la fin de la semaine, tout devrait rentrer dans l’ordre.» Et pour cause, la Société sucrière du Cameroun (Sosucam), rentre en production ce 02 novembre, après plusieurs mois d’arrêt de production – pré-campagne-, comme à son habitude.Le décor « conjoncturel » de l’entrée du ministère du commerce depuis peu en est révélateur. Deux stands d’exposition et de commercialisation du sucre produits par deux opérateurs locaux : Fokou et Sosucam qui vendent le paquet de sucre en carreaux à 675fcfa. Et ici, on déclare qu’un décor similaire existe à la délégation régionale du commerce pour le centre. Et même que certains magasins citoyens de la ville et l’association des commerçants d’Afrique de l’Ouest ont été mis à contribution pour la commercialisation responsable d’un stock de sucre à travers la ville.
En l’occurrence près de 16 000t issue de la commande de 25 000 t de sucre attendues principalement du Brésil. Soit 4350t commandées par la Sosucam, 10 125t par la société Soacam et 1 000t par le groupe Fokou. De même que 3500t du sucre en provenance du Congo exceptionnellement accordé à Sosucam par le Minfi.
Les 25 000t ont été autorisés, en juillet dernier, par le Minfi qui en outre levait partiellement la mesure de suspension des déclarations d’importation du sucre en provenance du Congo qu’il avait prise en 2009, permettant ainsi à la Sosucam de passer une nouvelle commande 8 000t à la société Saris Congo.
Tout devrait donc rentrer dans l’ordre. Même si des sources crédibles laissent croire que la tension qu’a connu le marché du sucre aurait pu être évité si le ministre des finances avait accordé à temps les autorisations d’importation. La Nouvelle Expression s’est laissé dire que Emmanuel Essimi Menye aurait donné son accord plus d’un mois après la demande faite par les importateurs. Ce qui a empêché au Cameroun d’anticiper sur la pénurie connue depuis quelques temps.
Depuis le début de l’année 2010, le marché international du sucre subit une crise persistante provoquée par la chute de production de l’Inde, principal producteur du sucre dans le monde, du fait des problèmes climatiques considérables. Le déficit de l’offre sur le marché international a été estimé à six millions de tonnes, entraînant une envolée des cours mondiaux.
Et selon quelques acteurs nationaux de la filière, les conséquences de cette crise sur le Cameroun ont été immédiates : « certains pays voisins, à l’instar du Nigeria, qui avaient tendance à écouler leurs produits au Cameroun sont devenus demandeurs. C’est ainsi que des réseaux de contrebande se sont constitués pour exporter illicitement du sucre Sosucam vers ces pays où il semble plus rémunérateur. »
Pour faire face à cette situation, le gouvernement a eu recours à des importations d’appoint pour satisfaire les besoins du marché domestique « dont les stocks ont été érodés par des exportations illicites vers les pays voisins », laisse-t-on croire de source officielle.
En mars 2010 un premier quota d’importation de 35 000t de sucre est autorisé, sur la base de la valeur transactionnelle et en exonération des droits et taxes de douane. 26 000t ont réellement été réalisées à ce jour. En juillet, un nouveau quota d’importation de 35 000t de sucre est autorisée dans les mêmes conditions dont 16 000t réceptionnés jusque là.
D’après les statistiques officielles, la production nationale est estimée à 125 000t de sucre par an, pour une consommation de 150 000t soit un déficit structurel de 25 000t. Et ce gap est généralement comblé par des exportations autorisées par le gouvernement.
