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Présidentielle en Côte d'Ivoire: le jour le plus long

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ELECTION_ivoireLes Ivoiriens se rendent aux urnes depuis 7h00 TU, ce dimanche 31 octobre 2010. Trois favoris pour cette élection présidentielle tant attendue, un scrutin historique après 11 années de crise politico-militaire et six reports depuis 2005 : Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara.

 

La surveillance du scrutin est assurée par 8 000 casques bleus pour quelque 20 000 bureaux de vote. L’équation est simple : il n’y a pas un soldat de l’Onu dans chaque bureau de vote. Et pour l’essentiel, la sécurisation du vote est garantie par les forces ivoiriennes elles-mêmes.

 

Les 20073 bureaux de vote ont bien ouvert à 7H00 TU. Les Ivoiriens qui n’ont pas encore leurs cartes d’identité et d’électeurs peuvent les retirer sur les lieux de vote. Ils ont jusqu’à 17H00 TU pour aller voter.Après quoi, on procèdera immédiatement au dépouillement manuel des voix. Un procès verbal sera rédigé dans chaque bureau de vote. Il sera scanné et publié en 21 exemplaires, dont un qui sera affiché sur place et quatorze qui seront remis aux représentants des 14 candidats.

 

Si tout marche bien, les images numérisées de ces procès verbaux et les résultats qu’ils contiennent seront acheminées dans la nuit par un système informatique qui a été testé hier soir dans 119 sites pilotes et certifié dans la nuit par le comité d’experts mis en place par le Premier ministre Guillaume Soro.

 

Ce système sera redéployé en début d’après-midi sur l’ensemble des 415 commissions électorales locales que compte le pays. C’est ce même comité d’experts qui validera ou non les résultats ainsi traités numériquement. Et lorsque le comité d’experts aura donné son feu vert, la Commission électorale indépendante pourra alors proclamer les résultats provisoires du premier tour de l’élection présidentielle.

 

Un système qui a fait dire Guillaume Soro qu’il ne pouvait pas y avoir de manipulation des résultats. Mais la crainte ici est que les différents camps annoncent leurs résultats avant la Commission électorale.

 

La surveillance du scrutin, une mission difficile

Au départ, le maintien de l’ordre devait être assuré par des brigades mixtes. Moitié FDS (Forces de défense et de sécurité) du sud, et moitié FN (Forces nouvelles) du nord. Le problème, c’est que ces brigades ne sont pas assez nombreuses. Elles sont loin d’atteindre les 8 000 éléments prévus à l’origine. Résultat : les FDS, au sud, et les FN, au nord, seront des acteurs-clé de cette journée de scrutin. A la fois pendant le vote lui-même et pendant le dépouillement et le transport physique des quelque 20 000 procès-verbaux de vote jusqu’aux 415 CEL (Commissions électorales locales).

 

A partir de ces CEL, deux modes de transmission et de comptage des résultats sont prévus. Un mode électronique avec l’aide d’un bureau d’études ivoirien qui sera coiffé par un comité d’experts ivoiriens et étrangers – solution retenue, le 24 octobre dernier, à la suite de vives protestations de l’opposition contre les lien supposés entre ce bureau d’études informatique et le pouvoir. Et un mode manuel avec l’aide des casques bleus de l’Onuci, qui s’occuperont de l’acheminement physique – par voiture et par hélicoptère – des quelque 20.000 PV de vote entre les 415 CEL et la CEI (Commission électorale indépendante), à Abidjan.

 

Sauf embrouille, ce n’est qu’après un croisement entre l’addition numérique et l’addition manuelle que la CEI proclamera les résultats provisoires – au plus tard 72 heures après la fermeture des bureaux de vote, c'est-à-dire mercredi à 17 heures locales.Evidemment, il est possible que l’un ou l’autre des candidats ne respecte pas cette règle et annonce dès ce dimanche soir qu’il a gagné. Ce qui, à n’en point douter, poussera les deux autres favoris à dire qu’ils ont gagné eux aussi… C’est pourquoi, lors d’une conférence de presse, hier samedi à Abidjan, le Premier ministre Guillaume Soro a appelé ses compatriotes à ne respecter que les résultats qui seront proclamés par la CEI.

 

En fait, la crainte de beaucoup d’observateurs à Abidjan, c’est que, à la suite de fraudes ou non, l’un des trois favoris – Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié ou Alassane Ouattara – se proclame vainqueur dès le premier tour, et que tel ou tel perdant appelle ses partisans à descendre dans la rue. En privé, plusieurs diplomates ou haut fonctionnaires internationaux en poste à Abidjan espèrent qu’il y aura un second tour. « Pour les perdants, un deuxième tour amortira un peu le choc », confie l’un d’entre eux. En cas de ballotage, ce deuxième tour aura lieu le 28 novembre. Mais on n’en est pas là…

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