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L’un des hôtels les plus huppés de la région de l’Ouest a été réduit en flammes. « C’est un incendie d’origine criminel car le circuit électrique n’est pas touché, et il n’y avait pas de feu à la cuisine», propos de désarroi d’un responsable de cet établissement touristique rencontré sur place quelques heures après le passage des flammes. Une épaisse fumée noire s’élevait encore des décombres. Les toitures en tuiles et en pailles ont disparu. Les portes et les ouvertures aussi. Le bâtiment administratif qui contient le bureau du Dg, la salle de conférence, le restaurant les boukharous et quelques chambres pour hébergement sont entièrement consumés.
Heureusement, il n’y a pas eu de perte en vies humaines. Dans la cour, quelques clients se plaignent de la perte de leurs effets. Ils ont abandonné précipitamment leur chambre à l’annonce du feu et des malins s’y sont infiltrés pour se servir.
Cet incendie remet sur la sellette l’épineux problème de la protection civile au Cameroun. Car, comment comprendre que pour un incendie qui a été déclaré à une heure du matin, qu’il n’y ait pas eu d’intervention jusqu’au petit matin ? Pour protéger ses installations, Aes Sonel n’a trouvé mieux que de supprimer la distribution de l’énergie électrique dans le secteur, donnant ainsi l’occasion aux pilleurs d’opérer en toute sérénité dans le noir. Les secours des populations ont été vains à cause d’une coupure d’eau occasionnée par l’entreprise Camwater. Elles ont donc assisté impuissantes, les larmes aux yeux, à la destruction par les flammes de ce qui constituait encore un bijou architectural pour la région de l’Ouest. Les sapeurs pompiers qu’on aperçoit sporadiquement dans la ville n’ont pas pointé leur nez sur les lieux, malgré les multiples appels de détresse. Le château d’eau de l’hôtel pourtant approvisionnée n’aura servi à rien, car fonctionne avec un dispositif électrique.
Toutes les conditions étaient donc réunies pour empêcher les secours. Les dégâts, d’après les premières estimations d’un responsable qui a requis l’anonymat peuvent être estimés à plus d’un milliard de Fcfa. Une enquête est ouverte et l’on ose croire quelle permettra de déterminer les vraies raisons de cet incendie.
Pierre Gouanez
