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Le parti de la Flamme ardente est sur le terrain de la sensibilisation depuis le début de cette semaine avec pour objectif de confondre le Sdf et restaurer la crédibilité de l’organe en charge de cette opération. Le secrétaire général du Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) et ses camarades, tiennent contre vents et marées, à offrir à leur candidat naturel un autre mandat à la tête du Cameroun.
« Notre objectif est de faire inscrire plus de 3 millions de nouveaux électeurs sur les listes électorales. » C’est le but et la mission que René Emmanuel Sadi a assignée à ses camarades de parti en début de semaine au 2ème étage du Palais des Congrès de Yaoundé. D’abord parce que, pense-t-il, la victoire du Rdpc en dépend. Ensuite parce qu’un fort taux de participation aura pour ambition de crédibiliser et de renforcer la victoire de Paul Biya aux yeux de la Communauté internationale. Enfin, parce que la crédibilité de Elections Cameroon (Elecam), l’organe chargé de gérer la processus électoral en Cameroun, en dépend.
Il faut sauver Elecam
La mobilisation tous azimuts des barons et autres membres et sympathisants du Rdpc cache très peu, à en croire les observateurs de la scène politique, la fébrilité qui s’est emparée du parti au pouvoir ou proche du pouvoir, c’est selon. Surtout que cette mobilisation survient, faut-il le souligner, au lendemain de la plainte du Social democratic front (Sdf) pour activités illégales de Elecam et des multiples critiques qui en sont nées.
Selon le politologue Eric Mathias Owona Nguini, « cet acte, qui vient reconnaître un certain nombre de manquements, devrait dans l'absolu annuler les actions prises jusqu’ici. Mais cela va dépendre de la stratégie mise en place par le pouvoir. » D’ailleurs, il va même plus loin en soulignant que « la Cour suprême va faire diversion et servir le dilatoire au Sdf. Pour une raison simple, c’est que dans des cas comme celui là, cette institution aligne toujours sa position par rapport à la ligne du pouvoir en place. Donc, elle va tourner en rond mais soyez sûrs que rien d’important ne sortira de cette affaire. »
En battant donc le ramdam de l’inscription de ses militants et sympathisants sur les listes électorales, le Rdpc veut répondre logiquement au Sdf qui, avec la faille laissée par le système Biya sur la mise en place effective d’Elecam, tient plus que par le passé, un discours de démobilisation en direction de ses militants et sympathisants avec des prises de positions qui n’encouragent pas les inscriptions sur les listes électorales. Le part de Ni John Fru Ndi entretient également le doute sur sa participation aux élections.
D’un autre point de vue, les inscriptions des populations sur les listes électorales charrient plusieurs enjeux et pas des moindres. « Un fort taux de participation aura pour ambition de crédibiliser et de renforcer la victoire de Paul Biya aux yeux de la Communauté internationale. » Et René Sadi y croit dur comme fer. La preuve, il argue que le cap de plus de 6 millions d’électeurs doit être atteint avant la convocation du corps électoral. Ceci, dans la perspective d’effacer un temps soit peu une image qui commençait à ternir l’image du pays auprès de la communauté internationale et la communauté des bailleurs de fonds. Et ce n’est pas une mince affaire. Surtout que dans un pays qui revendique 20 millions d’habitants, le nombre d’électeurs devrait en principe atteindre les 10 millions.
Le quadrillage territorial organisé par le parti au pouvoir en vue de gagner de nouveaux électeurs prendra fin à la clôture officielle des inscriptions sur les listes électorales, indique encore la circulaire du secrétaire général qui abroge par la même occasion « toutes les notes et toutes les instructions antérieures contraires relatives à l’enregistrement des électeurs. Cette préparation électorale s’organise à la suite d’une semaine de consultations des personnalités du RDPC que René Sadi a animée jusqu’à jeudi dernier.
Thierry Nyope
