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Ils y étaient réunis le 11 octobre 2010 pour revendiquer l’aboutissement de leur statut spécial. Lundi 11 octobre 2010, l’université de Ngaoundéré a fonctionné au service minimum. Au centre des œuvres universitaires comme au centre de développement des nouvelles technologies, à la bibliothèque centrale et dans de nombreux bureaux administratifs, les employés en service se sont comptés au bout des doigts.
Les services de la scolarité des différentes facultés étaient presque déserts, les nouveaux étudiants nombreux pour des préinscriptions, ont souvent tourné les talons une fois au parfum de ce qui se tramait depuis 8 heures du matin.
« Il y’a grève ». L’information s’était répercutée en ville comme une trainée de poudre dès les premiers rayons de soleil décourageant ceux des anciens étudiants, parents qui entendaient prendre contact avec l’institution.
Le campus des berges du lac de Dang était en proie à un mouvement d’humeur du personnel d’appui, toutefois l’intention de ne pas totalement paralyser le service a tranché avec les anciennes pratiques. Obéissant au mot d’ordre de grève dont préavis a été adressé au ministère de l’Enseignement Supérieur (Minesup) le 6 octobre 2010 à l’initiative du Syndicat national des personnels d’appui des universités d’Etat du Cameroun (Synapauc), ces employés ont au levé du matin pris d’assaut le rectorat. Regroupés devant le bureau du Pr Paul Henri Amvam Zolo alors absent parce qu’en déplacement, ils ont de prime abord entonné l’hymne national pour lancer les manifestations. Assis à l’ombre d’un arbre ou debout, chacun a ensuite écouté le président régional du Synapauc dérouler la raison d’être de cette grève.
« Nous sommes ici pour revendiquer l’adoption et la signature de notre statut spécial dont le gouvernement depuis le mois de mars, plus de six mois aujourd’hui, a promis de mettre en place au lieu de la convention collective pendant longtemps réclamée… » A déclaré Chendjou Joseph à ses collègues. « Il ne s’agit pas de s’en prendre aux responsables de l’université car c’est une grève pacifique… », A-t-il recommandé afin d’éviter tout débordement.
Les revendications
Au point « chaud » de la grogne, le vice-recteur chargé du contrôle interne, intérimaire du recteur, va demander à recevoir les chefs de files du mouvement. Les pourparlers vont se dérouler à 13 heures à la salle de conférence du secrétariat général de l’université. De sources des responsables du Synapauc, le Pr Bekole David leur aurait proposé de sursoir à la grève et de lever le mot d’ordre car « cela fait mal à la rentrée académique ». Pas avant 17 heures, vont lui répondre ses vis-à-vis.
C’est qu’à cette même période, un conciliabule se tient au Premier ministère entre le bureau national du Synapauc et le Minesup. C’est au sortir de cette concertation que la suspension du mot d’ordre de grève est tombée. Il se dit qu’un chronogramme des activités liées au texte concernant le statut spécial des personnels d’appui des universités d’Etat a été adopté et une réunion du comité ad hoc regroupant les experts juristes du Minesup, du ministère du Travail et ceux commis par le syndicat en vue de l’identification de l’option à retenir devrait se tenir mercredi dernier.
Les revendications du « personnel administratif » tels qu’ils souhaitent être appelés, tournent autour de l’amélioration de leurs conditions de travail, à savoir l’augmentation de salaires, la mise en place d’un profil de carrière, les droits aux mêmes avantages de reclassement, de promotion à l’instar de tout le reste du personnel des universités.
De l’avis des responsables du Synapauc, le gouvernement les « tourne en bourrique depuis des années et il faut que cela cesse ».
Eric Nguélé
