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La cargaison de 8.000 tonnes de sucre appartenant à l’opérateur Soacam n’était toujours pas au port de Douala, au cours de la matinée d’hier 12 octobre. Arrivé la veille, le navire transportant le chargement n’avait pas accès au quai.La pénurie nationale persiste. L’arrivée de 8.000 tonnes au port de Douala rentre dans un programme d’importation spéciale de 25.000 tonnes. « Le bateau est bloqué à la bouée.
On a fait entrer en priorité du ciment », déplore le délégué régional du Commerce pour le Littoral, David Tsegui. Il passe plusieurs coups de fil pour que le sucre soit enfin débarqué. Le stock de sucre en attente dans les eaux du Wouri rentre dans un programme d’importation spéciale de 25.000 tonnes qui bénéficieront d’exonérations douanières.
Plusieurs régions du Cameroun connaissent une pénurie de sucre. La capitale Yaoundé est touchée, avoue David Tsegui. « A Sangmélima, le carreau de sucre coûte déjà 10 F.Cfa. Le paquet d’un kg est vendu à 1.100 F.Cfa », déplore Jodelle qui revient d’un séjour dans la région du Sud. « Il n’y a pas pénurie de sucre à Douala », soutient le délégué régional du Commerce pour le Littoral. Cette affirmation est contestée par Alice Maguedjio, secrétaire générale du syndicat des commerçants détaillants du Wouri. « Le sucre manque dans les marchés de la capitale économique », réitère la commerçante du marché Mboppi. Toujours est-il qu’à Douala, le carreau de sucre est vendu à 5 F.Cfa. En début d’année, on s’en procurait trois à 10 F.Cfa.
Les protocoles d’accord entre l’Etat et les opérateurs économiques demeurent pourtant inchangés. Pour les consommateurs, le sucre Nosuca et Sumocam est fixé à 650 F.Cfa le paquet d’un kg. La marque Sosucam coûte 600 F.Cfa. Le kg de sucre granulé (en poudre) doit être vendu à 550 F.Cfa. Pour tous ces prix, les vendeurs bénéficient d’une tolérance de 50 F.Cfa. Mais Alice Maguedjio constate que le sucre coûte plus cher. Selon elle, le problème est tout simple : au Cameroun, l’offre est inférieure à la demande. D’après les chiffres du ministère du Commerce, la production nationale annuelle est de 125.000 tonnes provenant de l’usine de la Sosucam basée à Bandjock dans la région du Centre. Cette société approvisionne les deux autres opérateurs nationaux que sont Nosuca et Sumocam, de petites unités de production installées à Douala. Chaque année, le Cameroun importe aussi entre 30.000 et 40.000 tonnes de sucre.
« La défaillance se trouve dans la cadence d’approvisionnement du pays. Il est absurde d’attendre toujours la pénurie pour importer le sucre. Certaines régions en ont trop alors que d’autres vivent déjà la disette », déplore Mme Maguedjio. « Il y a aussi les contrôles de l’administration qui imposent des prix de vente aux petits commerçants sans tenir compte de leur prix de revient. De nombreux opérateurs abandonnent donc le sucre pour vendre autre chose. Le produit devient rare. En plus, les quelques vendeurs téméraires se retrouvent en situation de monopole », poursuit-elle.
Assongmo Necdem
