Cameroun-RCA : La sécurité aux frontières préoccupe


La question et l'avenir de la Cemac étaient au centre des échanges entre Paul Biya et son homologue François Bozizé. Ce sont les 13 et 14 décembre prochains que Bangui, la capitale de la République Centrafricaine va abriter le sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de la Cemac. On peut donc comprendre que cette rencontre qui intervient avec quelques mois de retard a fait l'objet d'un large tour d'horizon de la visite de 48 heures dans notre pays du président François Bozizé.
Le président centrafricain, qui est par ailleurs président en exercice de la Cemac et son homologue camerounais Paul Biya ont donc posé les bases de cette rencontre qui doit regrouper les représentants de l'organisation sous régionale africaine la moins avancée du continent, comme n'a d'ailleurs pas manqué de le reconnaître le chef de l'Etat camerounais au cours du toast prononcé lors du dîner offert en l'honneur de son hôte centrafricain et de son épouse Mme Monique Bozizé au palais de l'Unité lundi soir. "
Il est un autre domaine où notre entente serait de nature à faire bouger les choses. Je veux parler de l'intégration sous régionale qui, reconnaissons le, avance avec une sage lenteur, qu'il s'agisse de la CEEAC ou de la CEMAC... "
Le président de la République Paul Biya, qui se présente aujourd'hui en patron de la sous région, depuis la disparition de Omar Bongo Ondimba en juin dernier, n'a d'ailleurs pas manqué de préciser qu'il a d'ailleurs dû faire part de ses inquiétudes sur cette lenteur dans l'évolution de ces organisations sous régionales à certains de ses pairs, non sans leur rappeler les risques que court l'Afrique centrale dans son évolution actuelle " Personne ne conteste qu'il est de notre intérêt commun de rapprocher nos positions. Isolés nous resterons faibles, unis nous multiplierons nos forces. Dans le monde incertain qui est le nôtre, seuls ceux qui savent se regrouper ont une chance de tirer leur épingle du jeu. Nous devons donc surmonter nos différences qui ne sont souvent que des survivances du passé ou d'un égoïsme national dépassé. C'est le point de vue que j'ai récemment fait valoir auprès de notre frère et ami commun, le président Idriss Deby Itno. "
Beac
On imagine donc que les questions liées à cette lente évolution de l'Afrique centrale devrait être au centre des travaux de Bangui, avec notamment les problèmes que traverse la banque centrale sous régionale, la Beac, en proie depuis quelques temps à des problèmes de gouvernance. Nous indiquions dans notre édition d'hier que les autorités gabonaises avaient à cet effet décidé de retirer leur confiance à l'actuel patron de cette institution, Philibert Andzembe. Il devrait être remplacé au cours du sommet de Bangui, sauf revirement de dernière minute par son compatriote, Alexandre Barro Chambrier, dont la candidature est soutenue par le locataire du palais du Bord de mer, Ali Bongo Ondimba. Mais la rencontre de Yaoundé aura aussi été l'occasion d'aborder les sujets d'intérêt bilatéral
Et là, dans les propos du numéro un centrafricain, l'on a cru appréhender comme un malaise.
Si le chef de l'Etat camerounais s'est voulu assez fin, en évoquant la " concertation permanente sur les problèmes d'insécurité transfrontalière ", une manière selon lui de mener " des actions conjuguées contre la criminalité transnationale et les trafics d'armes légères ", François Bozizé lui a clairement mis à l'index des actes de banditisme qui mettent à mal les richesses minières de son pays. Si le Cameroun et la République Centrafricaine sont avec le Tchad et le Congo, quatre des six pays au sein desquels la libre circulation des personnes et des biens semble se faire librement. Le Cameroun et la Rca sont particulièrement signataires de la Convention de décembre 1999 sur les questions de transports de marchandises par voie terrestre à partir du Port de Douala. Une situation qui ne met pourtant pas ces pays à l'abri d'actes de banditisme le long de leurs frontières communes. Des problèmes qui devraient pouvoir trouver des solutions au sein d'instances comme les commissions mixtes. Mais comme l'a relevé le chef de l'Etat camerounais hier, celle entre le Cameroun et la Rca n'a pas pu se réunir depuis 7 ans. Pourtant ce sont près de 50 000 Centrafricains que le Cameroun accueille avec le statut de réfugiés. Une communauté qui semble pourtant bien accueillie au Cameroun.
Jean Francis Belibi