Droit international humanitaire :L’Afrique affronte ses défis à Douala



Les délégués des pays de l’Afrique francophone, réunis dans la capitale économique depuis hier, s’attèlent à mandater l’étude entamée par le Cicr depuis 2005.Le Cameroun abrite la première rencontre régionale sur le Droit international humanitaire coutumier organisée en Afrique francophone subsaharienne par le Comité international de la Croix-Rouge (Cicr).
Pour comprendre l’engouement porté sur notre pays, Jean Jacques Tshamala chef de la délégation régionale du Cicr pour l’Afrique centrale, soutient que le Cameroun étant un pays de paix, c’est dans la paix que l’on peut prévenir les conflits.
« Notre bureau régional est basé à Yaoundé et couvre 5 régions de l’Afrique centrale jusqu’en Angola, il est donc plus facile pour nous de réunir les experts au Cameroun… ». S’explique t-il davantage.
La table ronde qu’organise le Cicr sur le Droit international humanitaire coutumier à Douala, réunit les représentants des ministères de la Défense, des Affaires étrangères et de la Justice, et des milieux universitaires de 13 pays d’Afrique (Benin, Burkina, Cameroun Comores, Cote d’Ivoire, Gabon, Mali Niger, Rca, Rdc, Congo, Sénégal et Togo). Ces experts sont conviés à approfondir leurs connaissances en la matière afin d’assurer une meilleure protection aux victimes des conflits armés. Autrement dit, il est question de faire respecter ces règles à ceux qui sont sensés les appliquer. Avec l’aide des experts externes, les participants auront à examiner notamment des questions liées à la conduite des hostilités lors des conflits internationaux. Le but final poursuivi par le Cicr est que ces règles soient mieux respectées.
Les situations conflictuelles en Afrique particulièrement sont telles qu’il faut faire preuve d’imagination, de patience, de courage et d’innovation pour protéger les personnes affectées. A en croire M Tshamala, l’on assiste d’une part à l’affaiblissement de certains Etats en conflit, terrassés par des difficultés économiques de tous genres et incapables d’assurer le minimum à leurs citoyens, et d’autre part on note certains théâtres de conflit comme en Rdc, l’atomisation et la banditisation des acteurs des conflits. Des groupes armés se forment guidés par des motivations matérielles qui relèvent de la criminalité. Ces conflits et violences engendrent une multitude des vulnérabilités pour les populations affectées dont certaines vivent déjà dans la précarité. En cette année 2010 le Cicr voudrait revenir sur les fondements éthiques qui constituent la protection des victimes des conflits armées.
L’étude conduite ces trois dernières années vise par conséquent à collecter les défis humanitaires auxquels est confronté le Cicr. Il est à noter que le Droit international humanitaire coutumier découle de la pratique des Etats telle qu’elle figure dans les manuels militaires, la législation nationale, la jurisprudence et les déclarations officielles.. Ces règles de droit international sont non écrites et seule une étude de la pratique des Etats permet d’en déterminer l’existence.
Certes les quatre conventions de Genève de 1949 ont été ratifiées par la quasi-totalité des Etats de la planète. Toutefois, d’autres traités de Dih ne possèdent pas ce caractère universel. Tel est le cas des protocoles additionnels de 1977 aux conventions de Genève. Or, l’étude menée montre qu’un nombre significatif de règles et principes contenus dans ces traités ont un caractère coutumier. Il s’agit en particulier de différentes règles régissant la conduite des hostilités et le traitement des personnes qui ne participent pas directement aux hostilités. De fait, le Droit international humanitaire coutumier comble certaines lacunes quant à la protection offerte par le doit conventionnel aux victimes des conflits armés.
Le Cicr entend tirer pleinement parti de l’étude dans le cadre de son action visant à apporter protection et assistance aux victimes partout dans le monde. Afin de mieux connaître les règles coutumières du Dih, le Cicr utilisera l’étude dans le cadre des efforts qu’il déploie régulièrement pour familiariser divers publics avec le Dih comme c’est le cas actuellement à Douala.