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Les populations de cette localité des Hauts-plateaux de l’Ouest-Cameroun ont eu très peur la semaine dernière. Les élèves ont déserté une école après une alerte ; semant la panique dans les familles. Le maire Emmanuel Mukam de la commune de Bamendjou a fait d’une pierre deux coups.
Profitant de la psychose du cholera qui planait dans sa commune, il a avec son partenaire Zenu Network dans le cadre de la plate forme santé qui lie les deux institutions depuis un an, invité les populations et les directeurs d’écoles publiques pour une séance de sensibilisation sur le choléra et la distribution du paquet minimum.
La cérémonie avait pour cadre la salle des fêtes de la commune où prenaient part les responsables des formations sanitaires, les responsables des écoles primaires et des leaders de groupes. Ils ont été instruits par les personnes ressources sur les facteurs favorisant de la maladie que sont les mouches, l’absences des toilettes, la défécation dans la nature, la consommation publique des aliments crus tout comme la cola, l’ablution, la consommation des aliments en commun dans le même plat, etc. La maladie se manifeste par des vomissements répétés et une diarrhée aiguë qui provoque la déshydratation du malade, le coma et la mort.
Des enseignements leur ont également été donnés sur l’assainissement des puits et les conditions d’obtention d’une eau potable. S’agissant de la prise en charge du malade, il est conseillé de transporter ce dernier dans une formation sanitaire la plus proche et d’alerter les autorités administratives et municipales, de désinfecter les effets du malades, la maison et les environs pour éviter la transmission du germe. Le geste qu’il ne faut surtout pas faire c’est de conduire le malade chez un guérisseur tradipraticien car, seul le médecin peut arrêter une diarrhée cholérique.
Prévention
S’il arrive que le malade décède, il faut le mettre dans un cercueil zingué. Les obsèques publiques sont alors interdites ainsi que l’autopsie traditionnelle en cours dans certaines régions de l’Ouest. A ce propos, un arrêté municipal interdit formellement cette pratique dans l’arrondissement de Bamendjou. Il est également conseillé de restreindre les mouvements des personnes dans le village pendant les obsèques et d’interdire toute vente ou consommation de denrée alimentaire au lieu des obsèques.
Pour étayer cette thèse, le maire Mukam a pris un exemple qui s’est produit à Bati, un village des Bamboutos où des villageois après avoir fait l’autopsie traditionnelle sur un mort de suite de choléra ont enregistré 17 décès 10 jours après parce qu’ils avaient consommé des ignames à l’aide du couteau qui avait servi à l’opération.
Aux enseignants, il leur a été recommandé de construire de bonnes latrines dans les écoles qui n’en disposaient encore, de les désinfecter et d’appliquer rigoureusement les règles d’hygiène à savoir : disposer d’un grand seau avec couvercle et un gobelet pour l’eau des enfants, d’un robinet à l’entrée des toilettes pour se laver les mains après usage. Le maire a promit des tôles à toutes les écoles qui construiraient des blocs de toilette.
26 directeurs d’écoles ont ensuite reçu chacun du maire à titre de paquet minimum pour le démarrage de l’année scolaire en cours un carton contenant des cahiers de préparation, des boites de craie, des rames de papiers et autres matériels didactique, le tout pour un montant global de près de 4 millions de Fcfa. M. Joseph Hubert Tedefo , inspecteur d’arrondissement de l’éducation de base de Bamendjou a recommandé aux directeurs de faire bon usage du matériel reçu et a promis de sévir contre les contrevenants.
Pierre Gouanez
