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Le nouveau délégué Général à la Sûreté Nationale vient d'effectuer une visite expresse dans le Littoral en annonçant au cours d'une réunion d'échange, de nouvelles mesures pour redresser les forces de police camerounaise. Quelques jours seulement après sa prise de service, Martin Mbarga Nguélé, le nouveau délégué général à la sûreté nationale, s'est immédiatement mis au travail.
Après avoir succinctement fait escale dans les régions du Centre et du Sud, le nouvel homme fort de la police s'est rendu dans le Littoral pour effectuer une prise de contact et effectuer simultanément une visite des services et unités de police, implantés dans la ville de Douala.
Durant son séjour de deux jours dans la capitale économique, Martin Mbarga Nguélé a fait le tour de plusieurs arrondissements de police afin de s'imprégner d’abord des réalités du terrain et s'enquérir ensuite des conditions globales de travail des éléments désormais sous sa responsabilité. Dans la deuxième étape de sa visite, le Dgsn s'est entretenu en présence d'un parterre de policiers, d'autorités administratives et politiques et de journalistes dans la salle des banquets de la Région du littoral.
Discussions
Durant la séance de travail, le nouveau Dgsn a tenu à rappeler aux forces du maintien de l'ordre l'importance de collaborer étroitement avec les autorités administratives, judiciaires et les populations afin de permettre au policier, de parvenir convenablement et efficacement à remplir ses missions régaliennes. Une tâche irréalisable sans au préalable le respect de la hiérarchie et de la déontologie des procédures policières, garantes de la paix et de la stabilité au Cameroun.
A cet effet, le délégué a exhorté ses collaborateurs à une communication efficiente avec les autorités locales sans recourir directement à Yaoundé comme c’est le cas de quelques uns. Par ailleurs, Martin Mbarga Nguélé a profité de la circonstance pour s'enquérir des doléances des uns et des autres à travers un échange ouvert, qui n'ont ménagé aucun effort pour dresser un tableau de fonctionnement de la police dans le Littoral et en particulier dans la ville de Douala.
De ce fait, après l'évocation du problème de la non conscience professionnelle de certains policiers qui, pour de l'argent, n'hésitent guère à utiliser les armes mises à leur disposition à des fins nuisibles et l'évocation du problème dans un premier temps des lenteurs de riposte des équipes spéciales d’interventions ; et dans un second temps des conditions exécrables de travail des éléments du maintien de l'ordre, le Dgsn a profité pour reconnaître le triste diagnostic de la police avant de se pencher sur les nouveaux chantiers de redressement qui l'attendent.
Toutefois, sans excuser les égarements de quelques brebis galeuses, Martin Mbarga Nguélé a précisé la difficulté pour les policiers de se mouvoir dans un environnement marqué par l’absence criard et la vétusté du matériel existant. Des problèmes patents pour lesquels ce dernier a décidé de faire son cheval de bataille durant son passage à la tête de la direction générale de la Police. Cependant, malgré les lacunes qui ne doivent en aucun cas justifier une quelconque exaction, Martin Mbarga Nguélé a annoncé la fin de la récréation pour les éléments véreux et la prise d’un certain nombre de mesures afin de parvenir d'une part, à accroître le budget de la Police et d'autre part, d'accorder une grande part de celui-ci à la ville de Douala proportionnellement au besoin.
Redondance?
Même si les réformes annoncées par cet ancien fonctionnaire de police ont été saluées, un nombre importants de policiers restent dubitatifs face aux promesses faites par le Dgsn.
En effet, pour ne pas être vainement euphorique et être désillusionné par la suite, la plupart préfère attendre les réalisations être à pied d’œuvre avant de pavoiser. "Chaque fois qu'un Dgsn a effectué des tournées de prise de contact, il nous a toujours fait miroiter de belles choses en perspective sans véritablement les réaliser. La preuve, de nombreux bâtiments construits pour recevoir de nouvelles unités de police ne sont toujours pas occupés, et pourtant chacun à son tour a fait son one-man-show avant de partir du poste sans avoir mis sa promesse à exécution. Cette fois, même s'il s'agit de quelqu'un d’expérimenté de part son expérience tant sur le plan national qu’à l’étranger, j'émet néanmoins un minimum de réserve en attendant de voir les réalisations sur le terrain corroborer les promesses faites." Indique avec platitude un commissaire de police après la séance de travail avec le Dgsn.
Pour un autre officier plus sceptique, le nouveau patron de la police s'est appesanti sur "des problèmes légers sans avoir véritablement percé l'abcès." D'après lui, les policiers attendaient plutôt qu'il s’entretienne sur d’éventuelles nominations au sein de la police afin de décongestionner les services saturés par des policiers en complément d'effectifs et les répartir dans des postes en vacance, suites aux innombrables décès et départs massifs d’éléments partis à la retraite. « Figurez-vous que de nombreux policiers en retraite continuent d’officier dans des postes alors que de jeunes sortis fraîchement de l’école remplissent les commissariats sans poste. Le délégué ne pourra résorber l’inertie de la police qu’à travers une émulation et une mutation régulière du personnel. ».
Néanmoins, une bonne fange des policiers demeure optimiste quant à l’apport futur de Martin Mbarga Nguélé au sein de la délégation générale à la sûreté Nationale. Un avis favorisé par la riche expérience de l'homme et sur les réalisations déjà accomplis, quelques jours seulement après sa prise de service. En fait, après avoir pris le bâton de commandement il y a quelques temps, ce dernier a immédiatement exigé l’envoi de plusieurs casques et manteaux dans les villes de Douala et de Yaoundé, afin de permettre aux policiers en service dans les rues, de braver les intempéries pour effectuer efficacement leur travail.
Paul Tonye Njel.
