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Négligences à Douala : Des carrefours sans feux de signalisation

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feu-signalisationDepuis plusieurs mois, un nombre important de grandes artères de la capitale économique sont désormais de vrais mouroirs pour les usagers de la route. Où est passé la communauté urbaine? Carrefour Agip, samedi 11 septembre, 14h. Un automobiliste roulant dans un mini-car, se rendant au marché Mboppi entre en collision avec une autre voiture roulant en sens inverse et à vive allure.

Le choc très violent, emporte au passage deux mototaxis dont l'un se retrouve pratiquement sous le châssis de ce qui reste de la Carina E. Même si par miracle, on ne déplore aucun décès, le bilan est lourd. Cinq personnes sont grièvement blessées et transportées immédiatement dans un hôpital de la place. Carrefour Deux églises, Dimanche 19 septembre, 11h. Un motocycliste et son passager s'engagent en direction du quartier Ngodi lorsqu'un automobiliste provenant de la douche municipale les percutent de plein fouet. Le bilan est impitoyable. Contrairement au premier cas, la providence n'aura pas lieu. Aucun des passagers de la moto ne s'en sortira vivant.

Si les des deux cas ne représentent que des éléments éparses dans le quotidien des accidents devenus récurrents dans la ville de Douala, il n'en demeure pas moins vrai que l'absence et le défaut de fonctionnement des feux de signalisation jouent un rôle majeur dans ce désolant phénomène urbain en forte propension.

 

Causes

En effet, les raisons généralement avancées par les autorités compétentes pour justifier la prédominance des accidents de la circulation à Douala s'articulent d'abord autour de l'incivisme des "bendskineurs" et ensuite, autour du non respect du code de la route par quelques automobilistes ayant obtenu par miracle ou au moyen de réseaux parallèles, un titre de transport. Toutefois, les automobilistes sont formels quant au rapport étroit entre l'augmentation des accidents dans les grands carrefours de la ville et la défectuosité des feux de signalisation sensés réguler la circulation.

Selon Moïse Epo'o, président d'une association de Bendskineurs de Douala, les statistiques à ce propos sont clairs et irréfutables. "Regardez simplement le carrefour Agip et le carrefour Camwater, depuis pratiquement trois mois, nous avons enregistré une vingtaine d'accidents parmi nos membres sur ces deux seuls itinéraires. Nous avons à cet effet tenté de nous rapprocher de la sous-préfecture afin qu'on nous aide à trouver une solution pour ces carrefours dangereux qui ont déjà vu la mort de plus de trois personnes. Mais, ils se sont contentés de nous dire qu'ils n'étaient pas les autorités habilitées à nous aider dans ce problème". Pour la plupart des usagers de la route joint lors d'un vox-pox réalisé sur la question, "une telle négligence de la communauté urbaine est intolérable".

 

Triste bilan

Loin d'être le seul phénomène du carrefour Agip, de nombreux feux de signalisation ont cessé de fonctionner depuis belle lurette sans qu'il n'y ait eu la moindre intervention pour résorber le mal. Que ce soit au carrefour Ndokotti avant le tunnel, au quartier Mboppi au niveau de l'ancien abattoir et au niveau du carrefour dit "ancien gare", la défectuosité des feux, s'avère préjudiciable au quotidien pour de nombreux automobilistes. Le carrefour ancien Pmuc, le carrefour deux églises, le carrefour ancien Dalip sont abandonnés à la libre conduite des usagers de la route. Au niveau de Bp cité, dès la tombée de la moindre averse, les feux de signalisation routière cessent automatiquement de fonctionner transformant ledit carrefour en une véritable jungle où chaque automobiliste roule à sa guise.

Dans de nombreuses autres artères, le fonctionnement des feux est épisodique. " Une chose est certaine, dès qu'ils cessent de fonctionner le nombre d'accident est multiplié par trois. En plus, en dehors de ce problème, les nombreux embouteillages qui minent la circulation routière dans la ville sont engendrés par l'absence des feux qui devraient réguler la circulation suivant une logique évidente. Le problème chez nous est que dès que les appareils tombent en panne, il n'y a aucun suivi véritable. Par ailleurs, quand ça commence à chauffer dans un carrefour, on fait immédiatement appel à la police or un agent ne pourra jamais remplacer un feu. " nous indique avec amertume un officier de police. Un point de vue soutenu par Maïdoki Hamidou, délégué régional des Transports pour le Littoral qui reconnaît le danger que représente le dysfonctionnement des feux de signalisation dans la ville de Douala même si la conduite de certains automobilistes et motocyclistes est à déplorer.

Une situation que du côté de la communauté urbaine les responsables rencontrés avouent ne rien ignorer du problème. Cependant, même si officiellement personne ne veut s'entretenir à propos mais préfère nous orienter devant le délégué du gouvernement, ces derniers attribuent la lenteur de réaction de la Cud aux différentes strates administratives qui ont tendance à interagir sur les délais de réalisation. Toutefois, on assure que le problème sera résolu dans les brefs délais même si au Cameroun ce qui est souvent sensé être bref, peut s'avérer long et parfois même éternel.

 

Paul Tonye Njel

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