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Du 09 au 14 novembre 2010, la ville d’Ebolowa, le chef lieu de la région du Sud, accueillera le comice agropastoral. Il ne s’agit pas d’un comice régional. Mais, d’un rendez-vous national. C’est dans cette perspective que les paysans partiront des dix régions du Cameroun, pour participer à ce rendez-vous. Les responsables locaux multiplient des réunions pour trouver la stratégie à mettre en place pour éviter des dérives. Le gouverneur de la région du Sud, Jules Marcelin Njaga a mobilisé tout son état major. On parle même du renforcement du dispositif de sécurité dans les prochains jours.
Seulement, l’hébergement pose toujours problème. Cette ville ne dispose pas d’assez de structures opérant dans ce secteur. Ce qui confirme la difficulté que les visiteurs auront à se mettre à l’aise. L’hôtel de trois étoiles prévu pour accueillir les autorités du plus haut sommet de l’Etat, ne sera prêt que dans trois mois. Il est possible donc qu’à la fin de la cérémonie de lancement de l’évènement, les délégations officielles retournent à Yaoundé. De même, le problème de communication se pose avec acuité. On se souvient que le bitumage des routes, figure parmi les problèmes que certaines élites avaient relevés pour indiquer que cette ville n’étaient pas prête à abriter un rendez aussi important.
Ils expliquaient d’ailleurs que les paysans de Mengong, de Azem, Mvieng etc. ne pouvaient répondre aux contraintes inhérentes au comice dans ces conditions. De sources dignes de foi, les voies de communication sont pourries. Certains villages cités plus haut n’accèdent même pas encore au réseau de la téléphonie mobile. Les propos de ces élites attiraient ainsi l’attention des observateurs sur l’insulte que ce comice représente pour la région du Sud. Plusieurs régions ont été dotées de certaines infrastructures-routes, centres de santé- grâce au comice qu’elles ont accueillis.
Il s’agissait donc des allégations fondées. Encore qu’Ebolowa est la capitale d’une région frontalière à deux pays (le Gabon et la guinée Equatoriale) et, devrait bénéficier des infrastructures dignes d’une ville de son rang.Y compris une université d’Etat. Car, de sources dignes de foi, la région du Sud présente des milliers de candidat au premier Baccalauréat chaque année. Mais, les lauréats sont obligés d’aller à Yaoundé étudier.
Ce rendez-vous pose un problème sérieux. Celui du refus de déployer des mesures qui auraient permis au pays, de servir à la communauté paysanne internationale, des produits dignes de ceux d’une politique agricole qui se respecte. En effet, depuis plus d’une décennie l’agriculture Camerounaise sombre dans le noir. Ce qui enlève à ce comice, le sens qu’il devrait avoir. C'est-à-dire, la célébration d’un succès par les acteurs eux-mêmes, en compagnie du Président de la république. A la place d’un comice, il s’agira, hélas, d’une rencontre pour amuser la galerie. Il s’agira de la honte.
L’élite dirigeante du pays le sait très bien. Car, elle a confiné les paysans à l’agriculture de subsistance et, ne peut s’attendre à rien de mieux que des produits obtenus grâce aux efforts des paysans. Or, dans des pays où les autorités se respectent, elles auraient modernisé d’abord cette activité. Avant de penser à organiser le comice. Malheureusement. Cela se comprend. Puisque le Cameroun ne dispose plus de politique agricole. Les produits de rente (cacao, café) sont à la merci des revendeurs. Aucun plan de relance du secteur des produits vivriers n’est envisagé. C’est la raison pour laquelle les agro-industries locales peuvent vendre quatre (04) doigts de bananes aux ménagères à 100 FCFA. Puisqu’il, Il n’y a pas de concurrent. Même pas l’Etat. Car, au lieu d’encourager les paysans, les responsables du ministère de l’agriculture et du développement rural ont choisi de détourner les engins que certains partenaires au développement avaient mis à leur disposition.
Il est clair que les autorités veulent asseoir leurs ambitions politiques. En cette veille d’élection présidentielle.
