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Le 9 octobre, les Lions Indomptables recevront la République démocratique du Congo pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations 2012. Un match qui se déroulera à Garoua, dans le Nord du Cameroun où justement sévit la plus grosse épidémie de choléra de ces dix dernières années ; on compte actuellement environ 500 morts sur ces 5 derniers mois.
La polémique enfle entre camerounais d’abord, puisque ce match était à l’origine prévu à Yaoundé, dans le Sud du pays. Certains, qui estiment que cet événement présente des risques de contamination, accusent le Sud de vouloir se protéger et de laisser s’organiser ce rassemblement dans un lieu à risques, alors que la maladie commence à peine à être maitrisée. Les congolais, eux, ne comprennent pas pourquoi on les envoie sur un territoire aux conditions sanitaires incertaines.
Il semble également que cette délocalisation ait été décidée par les dirigeants camerounais qui auraient consulté à Yaoundé les patriarches de Mfandena, sorciers qui officient dans le quartier du même nom où se trouve le Stade Ahmadou Ahidjo.
Ces derniers étant peu disposés à faire gagner l’équipe nationale, entendez ils n’ont pas obtenu les offrandes qu’ils réclamaient en plus d’un dédommagement financier qui remonterait à la construction du Stade, il a fallu décider d’un autre lieu pour accueillir la RDC. C’est ainsi que les patriarches ont conseillé de jouer à Garoua pour ne pas perdre le match.
Officiellement, Samuel Eto’o et François Omam-Biyik, l’adjoint de Javier Clemente ont fait savoir qu’il était nécessaire que la sélection se rende dans toutes les grandes villes pour satisfaire les supporters.
Il se peut franchement que l’avertissement des sorciers ait été pris au sérieux. On sait que certains joueurs ou membres du staff camerounais croient en la magie. Récemment Stéphane Mbia aurait demandé à son club de retourner au pays pour consulter un marabout au sujet d’une blessure. En Afrique du Sud, 12 marabouts accompagnaient la délégation camerounaise. On sait aussi que François Omam-Biyik a expliqué que son but contre l’Argentine en Coupe du Monde 1990 était le fait d’un travail préparatif avec des magiciens.
Le football au Cameroun est complexe notamment lorsque s’entremêle la sorcellerie et le problème de la corruption, phénomène au moins aussi grave que le choléra, à la nuance près qu’il ne tue pas, à priori. Ainsi, des dirigeants de foot sont régulièrement montrés du doigt parce que leurs livres de comptes disposent de lignes consacrées au paiement de prestations à des sorciers sans doute fictifs.
