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Transféré pour des problèmes de dépression
L’information n’a pas encore été confirmée de sources officielles, mais Robert Myntia, l’un des journalistes détenus à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé, a été transféré mardi 28 septembre 2010, à l’hôpital Jamot. c'est une institution sanitaire spécialisée dans la prise en charge des cas de trouble psychotique, mais aussi d’autres maladies comme la tuberculoses.
De nombreuses sources confirment cependant que Myntia a été admis dans les services psychiatriques de cet hôpital.
Son admission en "psychiatrie" à l'hôpital Jamot aurait été recommandée par un neurologue de l'hôpital central de Yaoundé, où il avait précédemment été hospitalisé le 25 août, suite selon ses déclarations, à une agression survenue le 8 août dans sa cellule de prison. La persistance de signes de dépression et d'un état d'anxiété important motive le transfert (pour hospitalisation) dans votre service (de l'hôpital Jamot) pour une meilleure prise en charge, indique le neurologue dans cette note, selon une information publiée par l’Agence France presse. Le journaliste Robert Myntia, directeur de publication du journal Le Devoir, avait été arrêté et enfermé le 10 mars dernier, en même temps que Serge Sabouang, directeur de publication du bimensuel La Nation, et Ngota Ngota Germain dit Bibi Ngota, directeur de publication de l'hebdomadaire privé Cameroun Express.
Ce dernier était décédé alors qu’il était en détention le 22 avril. D'abord inculpés de "faux et usage de faux", les trois journalistes sont aujourd’hui accusés d'avoir imité la signature du Secrétaire général à la présidence, Laurent Esso. La justice enquête aujourd’hui contre eux, sur les faits de « co-action de contrefaçon des signatures et timbres, des marques et imprimés ».
Une affaire qui reste complexe
Il y a quelques semaines, le ministre d’Etat Amadou Ali en charge de la justice, a rendu public le rapport sur la mort du journaliste Bibi Ngota. Le ministre faisait savoir que les autorités camerounaises font un suivi médical des personnes détenues dans les prisons, et que la mort de Bibi Ngota était tragique et dans son cas, malheureusement inévitable. A l’origine de l’affaire un document qui aujourd’hui on le sait était un faux, attribué au Secrétaire général de la présidence de la république en date du 20 juin 2009.
Le document laissait croire que Laurent Esso, de par sa position avait exercé des pressions sur l’administrateur directeur général de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) pour payer des commissions d’un montant global d’un milliard trois cent millions de FCFA à un dénommé Antoine Bikoro Alo’o, de même qu’à Dayas Mounoune le directeur du port autonome de douala (PAD), et Doh Collins un opérateur économique. L’affaire aujourd’hui a pris la tournure d’un règlement de compte politique qui aurait mal tourné. Robert Harris Myntia qui est cité comme un des cerveaux de aurait écrit une lettre où il reconnaitrait les faits, ce qui a valu une requalification.
Les deux journalistes bénéficient aujourd’hui du soutien des associations nationales et internationales de journalistes. Dans un communiqué publié ce mardi, l'ONG Reporters sans frontières a réitéré son appel en faveur de la remise en liberté provisoire des deux collègues de Bibi Ngota. Après avoir passé plus de six mois en détention provisoire, ces journalistes doivent être présentés à un juge ou libérés sur le champ, peut-on lire dans ce communiqué.
