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Plusieurs propriétaires de débits de boissons ne respectent pas ainsi la décision du préfet qui leur demande de fermer les portes à minuit. A la rue de la joie au quartier Deïdo, au carrefour « Nelson Mandela » et au quartier Village, les propriétaires de bars opèrent au-delà de minuit. Christophe N., propriétaire d’un débit de boissons a confié qu’il est impossible pour lui de fermer à l’heure exigée par la tutelle. Au carrefour « Nelson Mandela », des gérants de débits de boissons partagent son opinion. Pour eux, la vie commence à minuit.
Ami Monguele, un habitué du carrefour « Nelson Mandela » explique que toutes les nuits, des patrouilles de police et de gendarmerie sillonnent ces endroits chauds de la capitale économique. « Ils ne nous font plus peur », déclare un propriétaire de bar. Celui-ci explique qu’il suffit de débourser entre 2000 et 10.000 francs Cfa pour avoir le champ libre et fonctionner après minuit. Certains propriétaires de bar au quartier Nyalla et à la Rue de la joie révèlent qu’il leur arrive de débourser près de 30.000 francs Cfa pour avoir la paix pendant un mois. « C’est plus pratique », se réjouissent-ils.
Les méthodes de corruption sont diverses dans ces bars. Au quartier Nyalla, les policiers contraignent les exploitants de bar à leur donner des boissons. En contrepartie, ceux-ci les laissent opérer au-delà de l’heure de fermeture légale. Des cigarettes, des poissons à la braise, des invitations sont également proposés aux policiers pour continuer la soirée. « Quand les policiers arrivent, ils vous intimident. Si le propriétaire s’entête, ils emportent les tables bancs et les chaises », raconte un gérant de bar au quartier Nyalla.
La patrouille passée, l’ambiance s’intensifie dans ces coins de joie. Plusieurs bars ferment au plus tard autour de 6h du matin. S’ensuivent parfois des bagarres et des agressions. Exemple, les deux barmen égorgés dans le débit de boissons « Cour supraime » le week-end dernier au quartier Nkololoun. Le préfet du Wouri, Bernard Okalia Bilaï, descendu sur les lieux, s’était plaint que sa décision n’était pas appliquée. Certains bars qui avaient été déjà scellés continuant leurs activités après minuit. Plusieurs d’entre eux affirment que les policiers et gendarmes qui assurent les patrouilles ont trouvé leur compte dans le désordre. Ainsi, « tant que nous payons les patrouilles, pas de panique pour fonctionner. C’est la loi du bon payeur dans la nuit », déclare un patron de bar à la rue de la joie à Deïdo.
