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Le 3ème rapport du Comité Itie publié hier révèle par ailleurs les différences entre. Entre 2001 et 2008, la production pétrolière camerounaise est passée de 39 millions de barils à un peu plus de 30 millions de barils. Soit une baisse de production de 9 millions de barils en 8 années.
Cette chute de la production pétrolière s’est aggravée entre 2002 (37 millions de barils) et 2005 (30 millions de barils), et demeure constante depuis 2006 ; année au cours de laquelle la production pétrolière nationale est remontée à 31,9 millions de barils, avant de retomber à 31,2 millions de barils et 30,7 millions de barils, respectivement en 2007 et 2008.
C’est cette dernière période de trois ans (2006 à 2008), qui a fait l’objet du 3ème rapport du comité national de suivi de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractive (Eiti), qui a été présenté hier à Yaoundé, en marge du lancement de la campagne de communication du comité national Eiti.Selon le rapport sus mentionné, les compagnies pétrolières ont déclaré avoir versé à l’Etat, au titre de divers impôts et redevance, la somme totale de 715.292 dollars, soit environ 321,2 milliards de Fcfa sur les trois années concernées par le rapport.
Tandis que l’Etat, lui, déclare avoir reçu 323,5 milliards de Fcfa, soit un différentiel de près de 2 milliards de Fcfa, que le cabinet Mazard et Hard Group, conciliateur ayant rédigé le rapport, n’explique pas. Selon les membres du comité national Eiti, le besoin d’expliquer l’origine de cet écart a été porté par le comité à l’attention du conciliateur, qui lui opposé une fin de non recevoir, au prétexte que cette interprétation du différentiel ne faisait pas partie des termes de référence de l’appel d’offres qui a permis la sélection du conciliateur.
A la différence des deux premiers rapports rendus publics respectivement en 2006 (pour la période allant de 2001 à 2004) et 2007 (pour l’année 2005), le 3ème rapport du comité national Eiti révèle également les retombées de l’exploitation minière au Cameroun. On y apprend en effet qu’entre 2006 et 2008, les compagnies minières ont versé à l’Etat du Cameroun quelque 567.757 dollars, soit environ 255 milliards de Fcfa, tandis que l’Etat, lui, déclare avoir reçu 419.415 dollars, soit environ 188 milliards de Fcfa. Ce qui révèle une différence de 67 milliards de Fcfa que l’Etat n’aurait pas perçu. Une fois de plus, les raisons de ce décalage n’a pas été expliqué.
Pays conforme
La publication de ce 3ème rapport de conciliation des chiffres et volumes de la production pétrolière et minière intervient dans un contexte où le Cameroun prépare son admission au statut de pays conforme par le conseil d’administration du conseil d’administration du comité international Eiti. Cette instance va se réunir en octobre prochain à Dar Es Salam, en Tanzanie. Cette seconde tentative du Cameroun à être admis dans les rangs des «pays conformes», c`est-à-dire un pays qui respecte les piliers de l’Initiative Eiti (Collecte des données sur les industries extractives, publication d’un rapport y afférent et communication tous azimuts sur ledit rapport avec l’implication de la société civile) ; intervient après l’échec de mars 2010.
Selon nos sources, le comité international Eiti avait émis des réserves sur l’admission du Cameroun au statut de pays conforme dont la validité est de 2 ans, parce que le comité national n’avait pas, à son avis, organisé une véritable communication autour des deux premiers rapports produits en 2006 et 2007.
C’est certainement la raison pour laquelle la publication du 3ème rapport, hier à Yaoundé, a servi de prétexte pour le lancement d’une campagne de communication nationale. Selon le comité national Eiti, cette campagne de communication qui s’étalera sur quatre mois (septembre-décembre) s’adresse non seulement au grand public, mais aussi aux communautés riveraines des zones d’exploitation minière et pétrolière. A cette occasion, apprend-on, le comité Eiti Cameroun se propose de vulgariser les trois rapports déjà produits, mais aussi de mettre à la disposition des communautés des zones d’exploitation, des outils pour une meilleure compréhension de l’Eiti, ainsi que ses objectifs.
En rappel, l’Eiti est une «norme mondial pour la transparence dans les industries extractives. Elle se concentre sur le rapprochement entre les paiements effectués par les sociétés pétrolières et minières et ceux reçus par les gouvernements et la divulgation de ces informations au grand public». Lancée en 2002 par le Premier ministre britannique d’alors, Tony Blair, l’Eiti a reçu l’adhésion du Cameroun en 2005.
Brice R. Mbodiam
