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Les responsables du Rdpc à Bafoussam étaient en conclave le 09 septembre 2010 pour une réunion dite de stratégie des inscriptions sur les listes électorales. Les participants ont d’entrée de jeu diagnostiqué les causes de leurs multiples échecs aux précédentes élections. Il faut le rappeler, depuis l’avènement du multipartisme, Bafoussam est demeuré le bastion du Social Democratic Front (SDF).
Pour le Dr Hilaire Focka Focka président de la section Rdpc, la principale cause des échecs répétés de son parti seraient liées à la non inscription des militants de son parti sur les listes électorales. La reine mère Mafo Nkenfack présidente de l’Ofrdpc pense pour sa part que la difficulté viendrait du fait que les militants de la section Mifi Centre sont disséminés dans tous les trois arrondissements de la Mifi, ce qui rend le controle et le regroupement des militants difficile. Le président des jeunes du Rdpc Hypolite Tchoutezo préconise, pour vaincre le mal et renouer avec les victoires, une inscription sélective des militants du Rdpc sur les listes électorales.
Emmanuel Nzété, délégué du comité central, trouve que c’est une honte pour la Mifi d’être à la traîne. « C’est un impératif pour chacun d’aller s’inscrire et voter utile pour sortir Bafoussam du bourbier dans lequel elle se trouve, victime de ses choix politiques. On ne peut pas prétendre à une part du gâteau alors qu’on n’a pas participé à sa confection ». Pour parvenir à ses fins, la stratégie adoptée par le Rdpc est fort simple, La ville sera divisée en cinq zones et les présidents des différentes sous-sections se chargeront chacun d’inscrire les militants de leur zone lors de la descente des commissions d’Elecam. Des primes sont d’ailleurs proposées à ceux des présidents qui inscriront le plus grand nombre de militants.
Un budget est en cours de confection pour supporter ces opérations.
Cette opération sera financièrement supporté par certaines élites dont l’honorable Samuel Wembé ancien député de la Mifi et Wouembé dit « André Richard », opérateur économique qui à cette occasion a offert des fournitures scolaires aux présidents des sous sections pour leur permettre de faire face à la rentrée scolaire.
Unité
Pour la première fois, l’on a noté que les trois présidents de section étaient assis autour d’une même table, l’un à côté de l’autre, encadrés par les doyens Emmanuel Nzété et Honorable Nkué Tagne, ancien président de section Rdpc et député à l’Assemblée Nationale. Prenant le premier la parole, le président Nkué s’adressera à ses prédécesseurs en utilisant une parabole bien connue des bamilékés : « Une pierre ne peut pas porter une marmite, deux non plus. Il faut absolument les trois pour que la marmite se pose bien. La marmite c’est le Rdpc et les trois pierres, c’est vous les présidents de section. Vous ne devez pas être trop distant l’un de l’autre.»
Il faut le rappeler, la cassure était déjà consommée entre le président de section, le Dr Focka et les deux autres, ceux-ci accusant le premier de tribalisme et de vouloir déstabiliser leur base au profit de ses frères du village. Déjà, plusieurs tentatives de réconciliation avaient connu des échecs. Le délégué Nzeté, emboîtant le pas, va exiger d’autorité une entente entre les trois présidents en s’appuyant sur une lettre circulaire signée de Réné Sadi le secrétaire général du comité central du parti au pouvoir. En outre chacun des présidents devra à l’avenir lui faire parvenir les rapports mensuels de leurs activités comme le stipule la lettre circulaire. Il leur a aussi prodigué quelques conseils à savoir le respect de la hiérarchie. Ils doivent également cesser d’écrire tout le temps à Yaoundé pour dénigrer ou calomnier leurs camarades. S’agissant de la rumeur sur la création d’une nouvelle section dans la Mifi, le délégué du comité central la trouve sans objet. Il reste maintenant à convaincre cette fraction de militants qui soutiennent être majoritaire par rapport à la section existante.
Pierre Gouanez
