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L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) vient d'annoncer la tenue d'une réunion prévue le 24 septembre à Rome, après la prolongation, du 15 août au 31 décembre prochain, par le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, de l'interdiction des exportations de céréales au moment où les prix des denrées alimentaires de base continuent de croître.
Par conséquent on observe une hausse de 30% du prix du pain dans les pays d'Afrique australe cette année. D’où la nécessité de rassembler les décideurs politiques afin de trouver des solutions. Plusieurs pays du continent africain sont toutefois épargnés, les pouvoirs publics ayant su prendre les devants grâce à une politique active d’aide aux producteurs céréaliers et de régulation des prix. Une politique qui porte ses fruits…
Le prix des céréales bondit suite aux incendies en Russie
Selon la FAO, les marchés mondiaux de céréales ont connu une poussée soudaine du prix du blé à cause des craintes de pénurie de ces dernières semaines. Ainsi, l’intérêt de cette réunion est d'inciter les pays exportateurs et importateurs à s'engager dans des discussions constructives sur les réactions appropriées à la situation actuelle du marché.
Toutefois, la situation est différente de la crise alimentaire d’il y a deux ans. Les prix sont actuellement plus bas, les niveaux de production plus élevés et des stocks plus abondants que pendant la période 2007-2008, lorsque les pénuries avaient provoqué des émeutes à travers le monde.
Enfin de nombreux pays africains, auparavant gros importateurs, sont parvenus à atteindre le seuil de l’autosuffisance et sont même en capacité d’exporter leur production excédentaire. L'Algérie reste le cas le plus surprenant : durant deux saisons consécutives (2009 et 2010), la récolte annuelle a dépassé les 6 millions de tonnes. Un record inégalé depuis décennies.
L'Algérie a réussi à atteindre l’autosuffisance en céréales
Avec plus de 6 millions de tonnes produites cette année et autant en 2009, le pays n’a guère besoin de recourir à l’importation de cette matière première de large consommation. Selon l’Office public interprofessionnel des céréales, les besoins intérieurs en céréales sont assurés pour les deux années à venir.
Un résultat à attribuer à la politique gouvernementale de promotion de la céréaliculture, caractérisée par l’achat de la production locale au prix du cours mondial par l’Office public des céréales, qui a prévu de taxer les blés dur et tendre d’importation, pour les aligner sur les prix des blés locaux.
Jusqu’à présent l’Algérie figurait parmi les cinq plus gros importateurs de blé dur et tendre et grand client de la France. Alger déboursait chaque année environ 500 millions de dollars en achat de céréales, autant d’économies réalisées. En outre les surplus de production d’orge ont été exportés et sur les nouveaux stocks, d’autres opérations d’exportation sont envisagées.
La production de céréales au Mali maintient le cap
Le Mali attend une production 7,4 tonnes de céréales dont 2,2 millions de tonnes de riz, lors de la campagne agricole 2010-2011. L'état des cultures était satisfaisant à la date du 30 juillet, le niveau de réalisation des céréales sèches comme le mil, le sorgho, le maïs et le fonio atteignant près de 73 pour cent.
Pour l'atteinte des objectifs de cette campagne agricole, le gouvernement a apporté un appui sous forme de subvention des semences et engrais à hauteur de 21,9 milliards de francs CFA. Il s'est également engagé à recruter 100 agents de base pour un appui-conseil approché et à favoriser la facilitation de l'accès au crédit-équipement pour la production et la post-récolte.
Le gouvernement a également créé un Fonds de développement agricole dans le cadre de la mise en œuvre de la loi d'orientation agricole, aménagé et mis en valeur de nouveaux sites pour la riziculture.
Les experts estiment que la prochaine campagne céréalière mondiale 2010-2011 a toutes ses chances de tutoyer les volumes record de 2008. Les spécialistes tablent sur une production globale de près de 2,28 milliards de tonnes, un niveau très proche des 2,282 milliards de tonnes de la récolte de 2008-2009, et supérieur de 1,2% à celui de la campagne 2009-2010.
