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La visite technique de l'expert Guy Sauvin organisée en parallèle des activités de la fédération engendre des remous et expose le manque de sérieux de ses dirigeants. L'âge d'or de l'art martial roi du Cameroun ayant par le passé mobilisé un intérêt majeur des populations camerounaises semble être aujourd'hui révolu.
Le Karaté Shotokan, dont la seule évocation suscitait d'antan respect et notoriété, est aujourd'hui l'objet de toutes sortes de moqueries et de turpitudes. Les luttes d'intérêt vain et l'orgueil de ses différents dirigeants n'ont cessé de fragiliser la discipline sportive créée par le japonais Maître Gichin Funakoshi. Une fragilité qui se traduit par la récente suspension de la ligue régionale de karaté par la fédération et par l'organisation de deux activités parallèles sous fond de tension ayant chacune virée au désastre, au grand détriment de l'image du Pays.
Décor
Tandis que se déroulait la semaine dernière la coupe du Cameroun de karaté organisée par l'instance faitière et devant mobiliser toutes les régions, la ligue régionale du Littoral recevait en marge à Douala, l'expert international Guy Chauvin, ancien membre de la fédération internationale de karaté. Une simultanéité qui aura définitivement déterré la hache de guerre entre les différents belligérants et conduits par Me Wakam le président de la fédération camerounaise de karaté, à sortir de ses gonds afin de sanctionner ex nihilo les activités de la Ligue régionale du Littoral de karaté notamment, Manfred Mingolè le président et Me charles Mpondo, entraîneur régional.
Cette situation, sur le fil du rasoir qui engendre des clivages paralysants entre les responsables administratifs du Shotokan, va accoucher de deux activités désavouées par les amateurs de la discipline. A Douala, les différents stages de perfectionnement et de remise à niveau présidé par le français Guy Sauvin durant la semaine dernière, ont plutôt brillé par l'absence des karatékas. En dehors de deux ou trois clubs représentés sur la soixantaine que compte la région du Littoral, les autres n'ont guère voulu devenir "les cibles de cette guerre qui ne regarde que l'égo de Manfred Mingolè et de Wakam. Nous avons marre d'être les pions de ce conflit d'intérêt qui ne reluit pas le Karaté", nous a affirmé à propos un responsable de club ayant désiré garder l'anonymat.
En effet, le tournoi baptisé "open Guy Sauvin" organisé en clôture du passage de l'ancien expert international, confirme le désaveu général des karatékas et des nombreux amoureux de la discipline. Un tournoi en Kumité et en Kata organisé dans l'ombre avec une dizaine d'athlètes et à peine 8 personnes dont les journalistes présents ont constitué le public de ce tournoi que le président de la Ligue annonçait grandiose.
Impasse
Pour le spécialiste français qui à chaque passage au Cameroun drainait autrefois de nombreuses foules, cette situation pourrait être causée par une certaine spontanéité dans l'organisation de la part des promoteurs. Une précipitation organisationnelle que des athlètes ayant refusé de participer à la compétition qualifient "d'arme choisi par Mingolè Manfred pour répondre à la sanction de Me Wakam". Ces derniers s'insurgent également contre l'absence de sécurité qui aura régné durant ladite compétition à travers notamment le partage non hygiénique des prothèses dentaires entre les différents compétiteurs sans aucune stérilisation préalable et l'inexistence d'une boîte à pharmacie et d'une équipe de soins. Selon Guy Sauvin, le karaté qui ne cesse de péricliter "n'engage que ses dirigeants qui devraient transcender les conflits personnels".
Par ailleurs, refusant de s'immiscer dans une éventuelle polémique, le technicien international de karaté shotokan pense qu'il faut une conscientisation de la discipline au Cameroun avec une augmentation conséquente des moyens financiers et matériels.
Quelques jours auparavant, c'était à la fédération camerounaise de karaté et disciplines affinitaire de se casser le nez durant le championnat national avec le boycott de plusieurs régions. La fédération engluée dans une course vers le règlement tacite de compte que par le souci de redynamiser une discipline en perpétuelle perte de vitesse, les tournois nationaux s'assimilent plus à des regroupements amicaux de clubs et brillent par la désertion du public devenu une denrée rare. Un triste état qui annonce des lendemains tumultueux à moins d'une intervention énergique du ministère des sports désormais appelé à la rescousse pour redonner ses lettres de noblesse à un sport s'illustrant dorénavant par les frasques de ses administrateurs.
Paul Tonye Njel
