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Désertés par les élèves à cause des promesses non tenues du Minedub et d’un député. Balepipi est un quartier du village Balessing appartement à l’arrondissement de Penka Michel dans le département de la Ménoua, région de l’Ouest Cameroun. Cette école qui date des années 80 est restée célèbre dans le village pour ses résultats. Elle a, à plusieurs reprises, été classée meilleure école pour ses taux de réussite toujours largement au dessus de la moyenne. Elle comptait au moment du drame près de 500 élèves répartis dans 08 salles de classes pour 08 enseignants.
Il y a quelques mois, l’école publique de Balepipi faisait la une des médias suite à un drame survenu dans cet établissement. Le mur d’une cloison qui sépare deux salles de classe s’était écroulé sur les élèves et la maîtresse ; faisant deux morts et de nombreux blessés. Il y a eu une levée de boucliers pour fustiger le directeur de cette école qui fut immédiatement relevé de ses fonctions et remplacé. On l’accusait de laxisme et de négligence. Le bureau de l’APEE fut aussi indexé, accusé de détournement et de malversations de toutes sortes. Pour une fois, l’administration s’était mobilisée, les hommes politiques et des particuliers se sont mis au chevet de l’école sinistrée. Des messages de condoléances et d’encouragement fusèrent de toutes parts, on promit de reconstruire l’école dans les plus brefs délais.
Promesses non tenues
Madame la ministre de l’éducation de Base avait personnellement fait une descente sur les lieux en promettant la construction de trois salles de classe en matériaux définitifs. D’autres promesses avaient été également faites par le député Fossi Jacob et le directeur de la chaîne de télévision STV pour réhabiliter l’établissement sinistré. Le bâtiment a été démoli, les tables bancs entassées pèle mêle dans la cour de l’école, deux camions de gravier et sable sont déposés sur le site, quelques sacs de ciment menacés de péremption occupent un coin de la salle de classe, et depuis lors plus aucun signe de vie. L’entrepreneur du député est porté disparu, les promesses du ministre de l’Education de Base, dit-on, attendent le budget de l’exercice 2010.
Aujourd’hui seules trois salles de classe existent à Balepipi et les dirigeants sont contraints de recourir au système de mi-temps et de jumeler certaines classes. Certains parents inquiets de la situation ont du retirer leurs enfants pour les inscrire dans d’autres écoles, furent elles plus éloignées. Tous les espoirs suscités par la visite du ministre et les responsables politiques ne sont plus qu’un lointain souvenir aux yeux des populations de Balessing. Sans nul doute que si cet établissement avait été privé ou confessionnel, il serait longtemps fermé.
Pierre Gouanez
