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Décryptage : Et si le Rdpc peaufinait sa stratégie de campagne

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rdpcL’effervescence politique et les évènements de ces derniers jours au sein de ce parti ne sont pas anodins. C’est le 31 août dernier que René Emmanuel Sadi a mis un terme aux consultations entreprises depuis le début de la semaine dernière sur « hautes instructions » du président national du Rdpc. Pendant une semaine donc, il a rencontré l’essentiel des membres qui constituent encore le comité central du parti de la Flamme ardente.

Pour parler de quoi ? Difficile pour l’instant d’être précis sur la question, parce que rien n’a filtré des échanges. Mais à en croire des sources proches de ce parti, il s’est agi de jeter un regard prospectif sur les chantiers qui attendent le Rdpc dans les prochains jours. Au rang des plus urgents, figurent en bonne place le congrès ordinaire et l’élection présidentielle.

 

Une question de textes

Attendu de longues dates, le congrès ordinaire, s’il a lieu, va permettre à la classe dirigeante du Rdpc de remplacer les membres décédés, détenus, nommés à des fonctions incompatibles avec leur militantisme, ou démissionnaires du parti. Il aura également le mérite de redynamiser les troupes plongées dans l’immobilisme depuis plusieurs années. Qu’est-ce qui justifie que jusqu’ici aucune date ne soit avancée ? Difficile d’y apporter de réponses. Mais ce qu’on sait, c’est que l’article 17 des statuts du Rassemblement démocratique du peuple camerounais confère à cette instance, une place quasi-importante dans la gestion du parti.

Certainement au même titre que le Comité central et le Bureau politique. Si les autres réussissent de temps à autre à se réunir, tel n’est pas le cas pour lui. Pourtant, dans l’article 18 des mêmes statuts, on note que c’est le congrès qui définit l’orientation politique, économique, sociale et culturelle, ainsi que le cadre général de l’action du parti. « Il se tient tous les cinq ans. Toutefois, en cas de nécessité, cette période peut être abrégée ou prorogée par le Bureau politique. » Peut-on y lire.

Et selon certains observateurs, c’est à ce niveau que tout se joue. Un jeu qui n’a malheureusement pas permis à certains militants d’avoir la possibilité d’assister au moins une fois pendant leur mandant, aux travaux de cette instance du parti.

S’il y a néanmoins une récurrence qui n’a laissé personne indifférente au cours de ces différentes consultations, c’est la remise d’un exemplaire de « L’Appel du peuple » de Marie-Claire Nnana, directrice générale de la Sopecam, à chaque participant. Ce volumineux document de plus de deux cent pages retrace assez intégralement l’activité présidentielle durant l’année antérieure et présente presqu’in extenso les motions de soutien qui ont été envoyé à Paul Biya tout au long de l’année dernière. Ce simple fait est venu s’ajouter à la longue liste des signes qui ne trompent pas et qui laissent susurrer que le Rdpc prépare en sourdine la campagne de son candidat naturel à la prochaine présidentielle.

 

Offensive médiatique

Les consultations du secrétaire général du Comité central du Rdpc ont eu le mérite de drainer une foule de journalistes au Palais des Congrès de Yaoundé. Même la confidence enregistrée au sortir de chaque séance a participé à accroître l’intérêt autour de la vie de ce parti. Cette absence de communication autour de ses consultations a justement favorisé la communication autour du vécu quotidien du Rdpc. Plusieurs jours après, les média vont continuer, à défaut d’un communiqué de presse officiel, à spéculer sur la nature des échanges entre les membres du Comité central et leur secrétaire général.

Cette sortie vient se greffer aux récentes descentes de René Sadi dans plusieurs régions du pays, marquées elles également, par une forte médiatisation qui a relancé l’aura de ce parti, ainsi que de celui qui l’incarne auprès des Camerounais. Fort de toute la mobilisation et de tout le matraquage médiatique qui auront accompagné le travail du secrétaire général du Comité central pendant plus d’une semaine, beaucoup d’analystes voient à travers cela, une officialisation tacite de campagne électorale.

D’ailleurs, en distribuant l’ouvrage de Marie-Claire Nnana qui expose ouvertement la volonté quasi-unanime des militants du Rdpc à voir la candidature de leur représentant naturel être renouvelée, au moment où les opérations d’inscriptions sur les listes électorales battent leur plein dans plusieurs villes du pays, l’intelligentsia politique réuni autour de René Sadi n’a-t-il pas voulu amené ces hommes et femmes qui constituent la classe dirigeante de cette formation politique à prendre en mains le rôle qui est le leur dans la réélection de Paul Biya en 2011 ? Et si cela est le cas, que pourra l’opposition ?

Dans ce contexte fortement dominé par l’unique présence médiatique du parti au pouvoir, la place de l’opposition dans ce jeu politique est réduite à la portion plus que congrue. En dehors de quelques actions éparses et désespérées de certains partis politiques tels que le Manidem, l’Upc, l’Undp et le Sdf, rien de concret n’émerge en surface. C’est une opposition qui est divisée sur l’attitude à avoir face à Elections Cameroon, cet organe chargé de veiller au bon déroulement du processus électoral au Cameroun.

 

Paul Biya : le meilleur choix ?

Pour une bonne frange des populations, l’actuel chef d’Etat est encore celui qui représente le moindre risque pour le Cameroun. Dans la mesure où tous ceux qui se sont lancés à sa succession ont brillé par leur manque d’initiatives. Car, que de proposer à la place des programmes susceptibles de contribuer aux problèmes de développement du Cameroun, ils ont multiplié des campagnes de déstabilisation à la fois contre le Cameroun et contre Paul Biya. Alors que les Camerounais en attendent mieux. Dans les rangs du parti au pouvoir, ces campagnes ont plutôt permis aux partisans du Rdpc de vanter sans vergogne aucune, les mérites de leur illustre chef.

Pour René Sadi et l’ensemble des militants du Rdpc, Paul Biya a su incarner et porter les aspirations profondes du peuple à la dignité, à la liberté et au progrès. Comme il a su pendant de longues années conduire avec bonheur, les destinées du Cameroun. « Le Cameroun mérite un grand chef, il a un grand chef. » Arguera René Sadi, avant d’ajouter que « toutes ces qualités dont il fait montre et tous les atouts qui sont les siens, justifient bien le soutien constant que nous lui apportons. » Paul Biya est pour le secrétaire général du comité central du Rdpc, celui qui a su promouvoir et consolider l’unité nationale.

 

 

Thierry Nyope

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