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Bras de fer Cud et Marie de Douala 2ème

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denise_fampouOn se déchire pour contrôler 150 millions de Fcfa. Le conflit est issu d’un déversement d’agents d’inspection et de recouvrement requérrant la présentation des actes administratifs relatifs à la construction et à l’occupation du sol. Après les moult remous qui ont émoustillé la mairie de Douala 2ème lors de la commémoration des 27 ans du Renouveau, les turpitudes sans cesse récurrentes au sein de l’institution décentralisée continuent d’ébranler l’actualité au grand dam de l’apparente quiétude que tente d’afficher Denise Fampou.

Après les multiples boycotts récursifs de ses collaborateurs, d’abord de l’opposition et ensuite du Rdpc et les invectives fusant de part et d’autre sur sa gestion quasi-centralisée et chaotique, cette fois le maire s’est attiré les défaveurs et foudres de la Communauté urbaine de Douala.

Le malaise

En effet depuis un mois, la tension est à son comble entre les services techniques de la division de lutte contre le désordre urbain de la Communauté urbaine de Douala et la mairie de Douala II. Cet imbroglio ouvert est issu d’un déversement d’agents d’inspection et de recouvrement par ladite mairie sur le terrain, requérrant la présentation des actes administratifs relatifs à la construction et à l’occupation du sol notamment le certificat d’urbanisme, le permis de construire et l’autorisation de lotir pour ne citer que ceux là. Toutefois, l’épicentre du problème réside particulièrement autour du « juteux » permis d’implanter ou de bâtir dont les droits se situent autour de 1% de la valeur de construction.

A cet effet, la non présentation dudit acte, induit inéluctablement à l’interruption exécutoire des travaux de construction et à la rafle immédiate par la mairie en cas de non volonté de paiement. L’ambiguïté de la situation apparemment banale, ressort du fait que le même travail est opéré sur le terrain par les agents de la Dirlut de la Cud.

Selon des responsables de cette direction, la réclamation des permis d’implanter ou de bâtir relève du ressort exclusif de la Communauté urbaine de Douala. En effet, explique l’un d’eux, « on a jamais entendu par le passé qu’une mairie en présence de la Communauté urbaine, ait réclamé des permis d’implanter aux usagers, car cela relève uniquement des prérogatives de la Communauté urbaine. ». D’après un autre, « Madame Fampou crée simplement un désordre inacceptable et intolérable ».

Défense

Des raisons qu’à la mairie on balaie avec amusement. Car selon eux, la Loi N° 2004-003 régissant l’urbanisme au Cameroun confère la responsabilité du recouvrement des droits du permis d’implanter, au receveur municipal territorialement compétent et la fixation du taux des droits, au vote des conseillers municipaux. Sans toutefois rejeter les différents droits des Communautés urbaines relatifs au permis d’implanter, la mairie semble ne pas être prête à plier l’échine dans cette guéguerre où comme à l’accoutumée, les véritables perdants sont les différents usagers.

Une situation anecdotique et incompréhensible qui suscite l’ire collective des propriétaires des chantiers et entrepreneurs dans la mesure où, l’arrivée spontanée et inopinée de la mairie crée selon eux, un véritable imbroglio. En effet, ayant toujours eu affaire à la Cud, ils se retrouvent dorénavant obligés de payer doublement la même taxe. Pour Parfait Sipehou, « Si vous ne payez pas les droits relatifs au permis d’implanter, que ce soit pour l’un comme pour l’autre, vous serez immédiatement l’objet d’une rafle. Alors pour éviter les problèmes inutiles, il est mieux de payer doublement, même si pour nous, cela extrêmement onéreux. ».

Une opinion partagée par tous les responsables de chantiers de construction de Douala 2e qui ne comprennent pas que ce triste cas, soit uniquement l’apanage de cette circonscription administrative dans un pays où il y a des lois pour régir la société.

Selon l’un d’eux, en dépit des rafles récurrents, le problème provient des multiples réseaux qui se créent autour de ce remue-ménage : « Les divers agents d’inspection, surtout ceux de la mairie, profitent de cette situation confuse pour s’enrichir. Ils vous demandent de l’argent à défaut de vous remettre une convocation. L’écart qui réside entre le montant que vous verserez officiellement et ce que vous leur donnez est assez conséquent. Ils vous promettent également qu’en cas de versement, ils vous laisseront tranquille. Fort donc de toutes les économies que vous ferez et en tenant compte d’un éventuel passage de la Cud, vous ne pouvez pas refuser une telle offre. Néanmoins, cette situation doit cesser car elle est dommageable pour nous ».

150 millions Fcfa

Au-delà de ce qui prévaut actuellement, nombreux sont ceux qui voient à travers l’attitude du maire une volonté de défier Le délégué de la Cud, dans la mesure où cette dernière avait ouvertement critiqué Fritz Ntone Ntone, lors d’un passage dans une chaîne de télévision à Douala, à propos de la gestion du marché central. Cette dernière estimait que le trouble présent dans ce marché provenait de la politique de concession adoptée par la Cud. D’après ses propos assez acerbes, au lieu de remettre la gestion du marché à des concessionnaires, ce travail devrait être octroyé à la mairie. Pour d’autres observateurs résultant de l’entourage de cette dernière, les raisons de cet imbroglio seraient issues d’une volonté du maire de combler rapidement les déficits budgétaires de la mairie. Surtout que d’après certaines estimations minimales, les permis d’implanter représenteraient à Douala 2e, un marché conséquent d’une valeur gravitant autour de cent cinquante millions de Francs CFA. Un « gombo » non négligeable que selon certains, la communauté urbaine est loin d’abandonner à la bonne grâce de Denise Fampou.

Néanmoins, même si de part et d’autre, la discrétion est de rigueur dans ce ballottement structurel et complexe, la tension est désormais perceptible et les relations cafardeuses entre les différents protagonistes. « Le dossier est entrain d’être traité et une solution sera trouvée dans les plus brefs délais » essaient-on tant bien que mal de rassurer à la Communauté urbaine sans pour autant apporter des réponses de fond. Toutefois, en attendant que de l’eau soit trouvée pour éteindre les flammes, la bataille continue et une fois de plus, ce sont bien évidemment les populations qui paient le prix fort de cette turpitude désolante.

Paul Tonye Njel

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