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Ils éprouvent d’énormes difficultés financières pour l’effectuer dans les différents laboratoires de la capitale. A entendre les personnes vivant avec le vih-sida, elles ne comprennent pas pourquoi le prix initialement payé depuis des années, a subitement évolué à la hausse. Dans notre édition du 17 août dernier, nous faisions cas de cette situation embarrassante et désemparée. Aussi, nous attirions l’attention du ministre de la Santé publique sur ce problème qui nous semble être un coup monté par des fonctionnaires véreux pour déstabiliser André Mama Fouda.
« On effectuait ce bilan biologique semestriel à 3.000 Fcfa. Ce prix est d’ailleurs marqué sur les billets qu’on nous remet. Depuis le mois dernier, on nous demande de payer 24.000 Fcfa. Et ce n’est qu’au Centre Pasteur qu’on peut passer ce bilan », s’inquiètent certains personnes rencontrées sur le terrain. Ce qui va aiguiser notre curiosité à vouloir savoir de quoi il en est exactement. « Ici, nos machines sont en panne. Normalement, le prix de cet examen est de 21.000 francs. Compte tenu de la subvention du Fonds mondial, il était demandé aux patients la modique somme de 3.000 francs. »
Laxisme
Et c’est l’Etat qui supportait la différence qui est de 18.000 Fcfa. Depuis quelques mois, cet argent n’est plus reversé. D’où cette situation », explique un responsable d’un hôpital de la capitale qui a requis l’anonymat pour peur de représailles. Celui-ci nous fera d’ailleurs savoir que le personnel des Centres agréés accuse des arriérés de salaire. « Où est-ce qu’on va trouver cet argent ? Quand au départ, on nous demandait de payer les remèdes, on n’avait pas ces problèmes. On ne comprend plus ce qui se passe. Qu’on officialise le prix de 24.000 francs et on va payer », s’indignent certains patients rencontrés au cours de notre enquête.
Ces derniers sont convaincus qu’il s’agit d’un complot contre l’actuel ministre de la Santé qui pourtant depuis sa nomination se bat pour que les Camerounais accèdent à de meilleurs soins médicaux.
Et c’est le lieu de rappeler ici que dernièrement, au cours de la deuxième réunion statutaire du Comité national de lutte contre le sida, le gouvernement et les bailleurs de fonds ainsi que la société civile avaient validé le Plan stratégique 2011-2015 qui nécessitera la somme de près de 300 milliards de francs Cfa. « Il faut dire que si la gratuité des médicaments antirétroviraux est effective depuis 2007, c’est un gratuit qui nous coûtent cher. On doit nous dire la vérité que de nous crucifier de la sorte. Surtout que dans les Unités de prise en charge, ceux des patients qui ne peuvent pas réunir les 24.00 francs, sont menacés de suspension de traitement », s’alarment ces derniers qui ne savent plus à quel saint se vouer. Et n’ont plus leurs yeux tournés vers le ministre de la Santé publique M. André Mama Fouda.
Quand on sait qu’environ 80.000 personnes sont dans cette situation de suicide, il y a fort à craindre que ce sera près de 80.000 Camerounais que le pays perdra à cause de cette vénalité qui ne dit pas son nom. Affaire à suivre.
JEAN-PIERRE BITONGO
