






![]() | Aujourd'hui | 19 |
![]() | Total | 2295019 |
Avec l’expansion des secteurs des télécommunications et de la finance, les entreprises africaines recrutent de plus en plus localement. Cependant, elles sont confrontées à un problème de formation de leurs cadres. L’Afrique manque en effet de techniciens et de managers de haut niveau, au point que, les directeurs techniques des compagnies africaines sont souvent étrangers.
C’est pour offrir aux Africains des emplois aux postes clefs dans ces entreprises que de plus en plus de compagnies privées de divers secteurs d’activités s’impliquent aujourd’hui dans les cursus des écoles d’ingénieurs d’Afrique subsaharienne et en viennent même à lancer leurs propres écoles de formation.
Implication des entreprises privées dans l’enseignement supérieur africain
Les grands groupes privés s’impliquent pour pallier les lacunes en bout de cycle des systèmes éducatifs africains, afin de développer les compétences en management de leurs jeunes employés.
Au Burkina Faso, le groupe Sage, spécialisé dans l’informatique de gestion, a lancé son programme pédagogique « Graine de gestionnaire ». Ce programme est destiné à former 12 enseignants et 1 300 jeunes étudiants à l’utilisation de ses logiciels de gestion commerciale. Des accords ont été passés avec l’Institut supérieur privé polytechnique (ISPP), l’Institut supérieur d’informatique de gestion (Isig) et l’Institut supérieur de technologie (IST). Ces trois écoles ont inclus le module technique de gestion optionnel Sage dans leur cursus respectif. Des cadres du partenaire-revendeur burkinabè Djago y délivrent une formation durant plusieurs semaines aux enseignants qui transmettent ensuite aux étudiants la maîtrise des logiciels développés par Sage. Le groupe donne ainsi aux jeunes diplômés un rôle de prescripteurs de sa marque tout en augmentant leurs chances de trouver un emploi une fois leurs études achevées.
Le groupe avait conduit ce même programme pédagogique au Sénégal en 2008. “Graine de gestionnaire” avait permis à plus de 1000 étudiants sénégalais et à 18 professeurs de trois écoles de Dakar (l’IST, Sup. de Co et l’IAM) d’être formés aux logiciels références du groupe.
Le groupe Sogea-Satom (filiale de Vinci Construction), spécialisé dans les infrastructures routières, le génie civil et les activités hydrauliques met également en place une formation de bout en bout au sein de l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement de Ouagadougou. Le français Areva essaie de faire de même au Niger, et l’opérateur sénégalais de téléphonie Sonatel (Orange) développe ce type de coopération avec des écoles locales.
Former les salariés en interne
Les grands groupes en Afrique créent également leurs propres écoles « maison ». La BGFI Bank, un groupe qui réunit près de 700 salariés a été l’une des pionniers en se dotant dès 1975 d’un centre interne de formation initiale et continue. À ses salariés, la BGFI Business School (BBS) de Libreville propose plus de 200 formations, à durées et contenus très variables. Le budget de l’école peut atteindre 600 millions de Francs CFA.
Former ses propres cadres, c’est aussi la vocation du centre de formation MTN Academy, créé à la fin de 2008 par l’opérateur de télécommunications sud-africain MTN. Le géant qui emploie 26 000 employés dans 21 pays dispose déjà de plusieurs centres de formation régionaux, à Accra, Dubai et Johannesburg. MTN Academy entend doter ses centres d’une culture d’entreprise commune.
Dans un registre plus technique, le distributeur automobile Tractafric Motors est également ambitieux : relié à plusieurs antennes dans les différents pays d’implantation du groupe, son centre de formation au Cameroun propose un large éventail de sessions de perfectionnement de savoir-faire technique (hydraulique, électronique embarquée, training produits) ou de compétences plus transversales (vente, sécurité, bilan de compétence).
