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On les rencontre partout dans les rues. Leur mine reflète toujours des souffrances atroces qu’ils ont vécues et continuent de vivre. La joie n’existe plus dans leurs cœurs. Leurs esprits sont ébranlés par la déception. Mais à qui la faute si des enfants se retrouvent dans la rue ? On n’a pourtant jamais entendu qu’une rue a enfanté.Contrairement à ce dont je rêvais, les plantations furent mes écoles. Les râteaux, dabas et pioches, mes stylos et le sol ensemencé mes cahiers et livres. Mes maîtres d’ « école » étaient des bêtes sauvages qui me battaient à longueur de journée. Je n’avais point de droit, que des devoirs. Je résistai au début, mais par la suite je pris la tangente. Mais pour aller où ? Je me retrouvai dans la rue. Elle était devenue ma demeure. J’étais libre, mais le moins que je puisse dire, c’est que cette liberté était similaire à mes vécus passés.
Très promptement, je me rendis compte que je quittais un enfer pour entrer dans un autre. Cette vie dans la rue, ou du moins cet anathème, ôtait ma dignité et mon honneur. Eh oui ! Dans la rue, on me regardait avec dégoût et mépris. Les enfants choyés, me voyant, étaient ahuris. Nous sommes pourtant égaux, sauf que je n’ai pas eu la même chance qu’eux. Je me nourrissais des miettes de repas par terre. L’eau que je buvais était à peine potable. Lorsque je demandais du travail, on me chassait comme un voleur. Finalement qu’est-ce que je devins plus tard ? Un voleur justement ! Je rencontrai des enfants de mon âge, vivant dans la même situation que la mienne, et ensemble, on forma un clan. Nous n’avions pas d’alternative. On ne pouvait que voler pour manger, puisqu’on nous refusait toujours du travail. La faim nous obligeait à agir de la sorte.
Les années passèrent et notre situation restait inchangé. Sauf qu’au départ, nous voulions simplement éviter de mourir de faim. Dorénavant, nous volons pour le luxe. Parfois, nous étions poursuivis, nous trouvions néanmoins les moyens de nous trier d’affaire. Nous étions si « rodés »…
On n’était plus de petits voleurs qui ne cherchaient qu’à se mettre quelque chose sous la dent, mais plutôt des bandits, des délinquants de grand chemin. Ce n’est pas honorable. C’est une vive carence de probité. Mais, ce qui est sûr, nous ne sommes pas nés voleurs… ». Combien sont-ils ces enfants qui vont chaque jour à travers les rues pour chercher de quoi manger ? Combien dorment à la belle étoile ? Ils sont des centaines voire des milliers dans le monde à être exposés à la faim, aux maladies, à la délinquance et, finalement, ils n’ont plus d’autre choix que de voler pour manger.
Les parents confient leurs enfants à des sans-scrupules qui les vendent ensuite aux chefs de plantations… Là, ils sont maltraités, et dès que l’occasion se présente, ils prennent la fuite. D’autres géniteurs, lorsque leurs enfants atteignent un certain âge, n’ont plus d’égards pour ces derniers parce que, selon eux, ils ont grandi, ils sont désormais responsables. Ces enfants se retrouvent dans la rue, transformés souvent en des voleurs, des délinquants, des prosituées…
Il faut bien que certains parents prennent leurs responsabilités en main au lieu de laisser leur progéniture courir les rues, abandonnés à eux-mêmes, exposés donc à tout danger. Confier son enfant à un ami, un parent, c’est beau, et cela solidifie la relation ; mais la vigilance et l’attention doivent être de rigueur puisque, dit-on, on ne sait jamais… Il est possible de prêter main forte aux enfants de la rue en leur trouvant des métiers qu’ils apprendront et exerceront par la suite. Eux aussi ont le droit de travailler, de mener une vie sereine et d’être responsables. Enfants de la rue, le soleil brillera un jour pour vous !
