Piraterie : Plus de 500 Nigérians quittent la péninsule de Bakassi



Les premiers réfugiés arrivés à Ikang accusent les gendarmes camerounais de racket et de harcèlement en haute mer. Entre le 1er et le 23 novembre 2009, plus de 500 ressortissants nigérians ont quitté la péninsule de Bakassi, à en croire les autorités nigérianes dans l’Etat de Cross River. Les réfugiés ayant déserté les pêcheries de la presqu’île camerounaise ont été accueillis dans un camp à Ekpri-Ikang, localité située à plusieurs dizaines de kilomètres de la ville de Calabar, la capitale du Cross River.
Selon la presse nigériane, la population du camp d’Ekpri est passée de 400 à plus de 1000 personnes, dont de nombreuses femmes et des enfants, en l’espace de deux semaines. Les personnes nouvellement arrivées à Ikang accusent les forces de sécurité camerounaises, les gendarmes au premier rang, de racket et de harcèlement.
Un diplomate en service au Haut commissariat du Nigeria à Yaoundé contacté par Le Jour, a affirmé que «la situation des ressortissants nigérians est préoccupante à Bakassi depuis quelques semaines ». Il a par ailleurs reconnu, comme l’affirmait déjà la presse nigériane, que le Haut commissariat avait été saisi des déplacements massifs des pêcheurs suite au harcèlement des gendarmes, par le président de l’association des Nigérians résidant au Cameroun, Chief Andrew Essien. La même source a en outré confirmé l’information selon laquelle, le secrétaire général des Nigérians résidant au Cameroun, Prince Aston Ovung, a été dépêché à Ekpri-Ikang, au chevet des réfugiés partis de la région de Bakassi.
Que se passe-t-il alors à Bakassi ? Des contacts sur place parlent d’une intense activité déployée par les services spéciaux nigérians. Sous le couvert du State Emergency Management Agency (Sema), l’un des chefs des Bakassi Freedom Fighters, le capitaine Gideon, aurait été contacté aux fins d’organiser le mouvement actuel des pêcheurs. Des sources concordantes établissent un lien étroit entre le capitaine Gideon et le secrétaire du gouvernement de Cross River, Fidelis Ugbo. Ce dernier a d’ailleurs annoncé au camp d’Ekpri que le gouvernement fédéral du Nigeria était préoccupé par le harcèlement de ses ressortissants par les gendarmes camerounais.
Un responsable de la gendarmerie nationale, réagissant aux allégations nigérianes, a formellement démenti « tout harcèlement et racket », arguant que « la hiérarchie n’a jamais été saisie des faits pareils ». Une autre source militaire a parlé de « la déroute des pirates qui fuient la puissance de feu du Bir et des autres forces camerounaises ». Le Jour a en plus appris que les autorités camerounaises n’ont été saisies d’aucune protestation officielle de la part du Nigeria, dans l’affaire en cause