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Des milliers de personnes ont assisté à l’enterrement du directeur de publication du journal Le messager dans son village natal. « Je n’ai jamais vu autant de personnes dans ce village ». Les propos d’un sexagénaire du village, ébloui par la mobilisation humaine à Babouantou à l’occasion de l’enterrement de Pius Njawé, traduisent de l’envergure du rassemblement funèbre.
Trois mille personnes au moins, venus du Cameroun tout entier ont assisté, la mine contrite par un chagrin visiblement perceptible, à l’inhumation du père du combat de la presse indépendante au Cameroun. Dans une ambiance atterrée, ponctuée d’une solennité digne du rang qui incombe à cet homme s’étant distingué durant son existence par son action militante, les personnes présentent ce jour ont rendu leurs derniers hommages avant que le corps de Pius Noumeni Njawé, ne soit inhumé auprès de ses ancêtres.
Déroulement
Dès le vendredi soir, le regroupement Babouantou a été rapidement pris d’assaut par de nombreuses personnes venues assister à la grande veillée. Une veillée mortuaire qui a permis aux membres de la famille, aux amis et connaissances de se recueillir toute la nuit par des chants et des prières, en présence du corps. Aux premières heures de la journée, l’aménagement du site par le comité d’organisation afin d’accueillir le maximum d’individus, s’est déroulé avec promptitude et tact. Une célérité qui a contribué à faire démarrer la cérémonie autour de 9 heures et demie, par l’arrivée du corps sur le lieu de l’homélie funeste.
Entouré d’une haie de bouquets comme pour dresser à Pius Njawé une dernière salve d’honneur, les tentes ont été dressées tout autour du cercueil. Le programme a débuté par un office religieux organisé conjointement par les prélats de l’église catholique et protestante. Les témoignages, rentrant dans la deuxième phase du programme, ont été l’occasion pour diverses personnalités tant camerounaises qu’étrangères, d’étayer exhaustivement la vie du fondateur du journal le Messager. Une vie singulière décrite de manière différente par la trentaine d’intervenants mais dont la finalité a été de démontrer la pertinence de l’œuvre accomplie. Une œuvre que Séverin Tchounkeu, ami du défunt et directeur de publication, n’a pas hésité à relever en concluant dans son témoignage que même si un des généraux de la guerre était tombé, la lutte était loin d’être finie.
Adieu
La cérémonie sépulcrale s’est achevée par l’ensevelissement discret et sélectif du digne fils de Babouantou. Une inhumation faite en présence d’un nombre restreint de personnes permettant parallèlement de recevoir autour d’une collation, les milliers de personnes venues des quatre coins du pays. Des personnes attristées de voir un homme caractérisé par sa témérité et la poursuite sans faille de ses ambitions, s’en aller à tout vent. Partir pour toujours, bien que dans les mémoires et ce en raison de l’ampleur de la partition jouée par ce dernier sur la terre, aucun ennemi dont pas même la mort, ne pourra éroder de l’histoire de la presse africaine en générale et camerounaise en particulier.
Un nom gravé éternellement dans la mémoire de tous que, tenant compte du fait que pour chacun des baobabs qui tombe une dizaine d’autre s’élève, les générations à venir, héritières de ce combat, pérennisent ce courage légendaire et cette quête pour la liberté avec autant de dextérité, dans le respect des valeurs déontologiques. Ce n’est certainement qu’à cet instant que, le messager de la liberté d’expression et de la presse, pourra reposer en paix, heureux d’avoir atteint un partie importante de son objectif. Adieu.
Paul Tonye Njel
