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Les marchandises vendues dans les cars de transport au Cameroun sont d’origine incertaine. Au Cameroun, les «pharmaciens des bus» ou « pharmaciens ambulants » s’approvisionnent dans des supermarchés chinois disséminés à Yaoundé, la capitale politique du pays.Très souvent, les produits vendus à bord des cars de transport commun portent des noms chinois. Un constat qui corrobore, du moins en partie, la réponse du vendeur. Seulement, tous ces « pharmaciens ambulants » ne s’approvisionnent pas dans les centres de santé chinois légaux. Les produits vendus proviendraient du marché noir du médicament, entretenu par certains ressortissants du pays de Conficius.
De sources concordantes, c’est dans des supermarchés, boutiques et autres commerces généraux chinois disséminés à Yaoundé que s’approvisionnent la plupart des «pharmaciens des bus.» Ils y bénéficieraient en toute clandestinité et illégalité, d’un climat favorable aux affaires. «Les produits de consommation courante ou de commerce général exposés dans les boutiques chinoises cachent parfois la vente des produits médicaux dissimulés dans les magasins. Pourtant, ces commerçants ne disposent pas de documents les autorisant à vendre de tels produits», affirme Michel Kouakam commerçant au marché central de Yaoundé. Une autre source précise que « ces médicaments sont plus commercialisés que les fleurs, valises, guéridons et autres articles installés. Ceci, au vu et au su de tous les passants ».
Les prix sont généralement bas, la qualité des produits aussi. « Ce que nous déplorons, ce sont les conditions dans lesquelles ces produits sont conservés. Ils sont déposés dans le plafonnier, à même le sol, dans la chaleur, mélangés à d’autres articles qui n’ont rien à voir avec la médecine. C’est dangereux pour notre santé », dénonce Onana, un ancien acheteur de ces produits douteux. Et il ajoute que certains de ces grossistes disposent même d’appareils servant à antidater les emballages de médicaments.
Les produits vendus dans les bus proviennent aussi de la pharmacopée traditionnelle africaine. Et les promoteurs de ces produits croient fermement en leurs toute puissance. « Il y a des gens qui gardent les maladies, meurent même de celles-ci parce qu’elles sont réticentes à aller l’hôpital où on va les faire dépenser des sommes exorbitantes. Pourtant, avec peu d’argent, on peut venir à bout d’une maladie vénérienne par exemple grâce à la naturopathie. Je suis de ceux qui pensent qu’on peut soigner le Sida par des médications traditionnelles», soutien Banfoue Nengoue de la Clinique africaine. Des croyance entretenues par la rumeur selon laquelle les européens cherchent à éliminer tout découvreur noir d’un remède pouvant venir à bout du Sida.
HMT et Joël MAMAN, Cameroon Tribune
